Bukavu : le sambaza matinal, ce poisson qui donne de l’emploi aux jeunes

Dans le Sud-Kivu, certains jeunes ont décidé de lutter contre la pauvreté en s’adonnant à la vente des poissons sambaza pêchés dans le lac Kivu. Ils revendent ces poissons dès les premières heures de la journée à travers différents quartiers de la ville de Bukavu. Ils nourrissent ainsi Bukavu et gagnent un peu d’argent.

Actuellement à Bukavu, point n’est besoin d’aller chercher les fretins sambaza au marché. Chaque matin on se les fait livrer à domicile par des jeunes qui sillonnent les rues de la ville avec des bassins remplis de ces fretins. Ce sont des jeunes qui pour la plupart n’ont pas fini leurs études. Ces fretins sont surnommés  « sambaza matinal » car ils sont apportés très tôt le matin par des jeunes qui les ont achetés sur les rives du lac Kivu.

Ces jeunes parcourent la ville pour vendre ces poissons à la criée. On peut les entendre clamer dans les rues : « Sambaza matinal ! Sambaza matinal. Un kilo : 4 000 FC, un demi-kilo : 2 000 FC. » Un autre jeune porte un bassin de poissons sur la tête. Pour un bassin de sambaza d’une valeur de 30 000 francs congolais, le bénéfice varie entre 5 et 10 000 francs. Tout dépend si les clients sont généreux ou pas. Cette activité leur permet de ne pas être totalement sans revenus.

Accepter les injures quand on vend les poissons sambaza

Les jeunes qui vendent le sambaza sont accusés d’être sales et peu hygiéniques. Ils exhalent partout des odeurs de poissons. « Des fois, on nous insulte en raison des odeurs de sambaza qui nous restent sur le corps. Même après une douche, les odeurs nous collent à la peau toute la journée, jusqu’au soir », me confie un jeune qui fait 20 kilomètres tous les matins de Kabare à Bukavu pour vendre le sambaza matinal. Et d’ajouter : « Heureusement que l’argent n’a pas d’odeur. Je peux sentir mauvais, mais mon  argent n’en aura pas sa valeur diminuée pour autant. »

Il y a aussi des débiteurs insolvables. Certains clients à qui le sambaza est vendu à crédit ne paient pas leurs dettes ou les paient en retard. « Cela nous énerve. Parfois on en vient aux mains avec certains débiteurs », se plaint un vendeur.

Malgré les nombreuses difficultés que ces jeunes rencontrent au quotidien, ils ont des ambitions. L’un d’entre eux déclare : « Grâce aux revenus tirés de ce commerce, j’aimerais fonder une famille et construire une maison dans mon village. »

Quant à moi, je conseille à ces jeunes de créer une coopérative d’épargne et de crédit pour s’ouvrir de nouveaux horizons et de nouvelles perspectives.

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