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Byebye Katumbi pour stopper le glissement de Kabila

Il a fallu dire byebye Katumbi pour que cela serve de déclic au glissement de mandat du président Joseph Kabila, en République démocratique du Congo (RDC). Faut-il des preuves pour montrer à quel point le dialogue qui s’est achevé le 31 décembre a porté moins sur l’avenir du pays que sur des individus ?

Ils ont signé un accord, dans la douleur, on s’en fiche, si cela peut faire que passe enfin ce sale temps d’insultes, d’arrestations et de meurtres des citoyens qui ne demandaient que de vivre un peu dignement. Il faut espérer. Espérer désormais, mais avec un œil sur l’opposition et un autre très regardant sur la majorité au pouvoir. Les tenir à l’œil et les obliger d’aller de l’avant.

L’accord signé n’est sûrement pas le meilleur que nous aurions souhaité pour plus de liberté et de bien-être social. Un accord qui en chasse  un autre, obligeant les signataires de l’accord de la Cité de l’Union africaine à composer avec ceux de la 10e rue Limete. Encore une fois c’est l’éternel recommencement congolais qui m’attriste ! Ce deuxième accord n’est toujours pas inclusif car le MLC de Jean-Pierre Bemba a refusé de signer.

Le clan Kabila, ayant passé près de 16 ans au pouvoir,  n’à pu faire mieux que cela, avec ses imperfections congénitales. La majorité silencieuse des congolais aspire à l’alternance non pas comme un référendum pour ou contre Kabila, mais plutôt comme voie idéale pour parvenir à plus de stabilité, de dignité, de bien-être et de paix sociale.

Au dialogue, comme dans un bal d’égos

Incrustée dans l’âme de nombreux politiciens véreux et des charognards, la passion du chaos a tenté de faire du dialogue de la CENCO un bal des égos. Au dialogue, on a vu plus d’armes que de palabres fraternelles. La journaliste belge Collette Braeckman l’a bien vu : le dialogue est une tactique de guerre chez Kabila, « fight and talk ! ». En d’autres termes, « dialoguez pendant qu’on les assomme ». Ces pourparlers à répétition tuent les avancées démocratiques, car ils mettent parfois de côté la Constitution au profit des intérêts des signataires.

Les questions nationales sont alors vite remplacées par des affaires personnelles où l’on se règle des comptes. C’est pourquoi, au-dessus de toutes les discussions, planaient les ombres de Kabila, Tshisekedi, Diomi, Muyambo et surtout Katumbi que le pouvoir semble vouloir enterrer après un procès politique qui l’a forcé à l’exil. Au lieu de s’aimer, on se déteste  cordialement, jusqu’à ce que la mort vous sépare !

Mais le plus classique c’est que les discussions s’achèvent sur le partage de postes, autre point qui divise, faisant croire parfois que c’est l’essentiel des conciliabules. Pendant ce temps-là, les questions centrales comme les droits humains, la pauvreté ou le pillage des ressources naturelles du pays sont reléguées à l’arrière-plan.

Que brille la flamme Lucha et Filimbi…

Les Congolais  doivent rester mobilisés de peur d’être surpris par des parjures. Déjà le pessimisme ronge les espoirs de la population. Elle est habituée au non-respect des engagements de nos politiciens.

Je souhaite ainsi que restent éveillées la clameur et la vigilance du 19 décembre, comme lorsque les Kinois battaient les casseroles et sifflaient pour dire à Kabila qu’il est temps de partir. J’aimerai que jamais ne s’éteigne la  mobilisation de ces femmes qui ont fait le pied de grue devant le Centre-interdiocésain où les parties négociaient. Elles les ont obligées  à trouver un accord qui puisse sauver le pays de la violence. Que ne s’éteigne pas la flamme Lucha et Filimbi !

Kabila reste au pouvoir pour 12 mois, jusqu’aux élections sans être éligible. Il n’a pas le droit de modifier la Constitution, encore moins d’organiser un référendum. En contrepartie, la primature revient au Rassemblement. C’est le minimum que la population aurait souhaité obtenir. Tout compte fait,  l’honneur revient aux évêques catholiques qui viennent de montrer leur sagesse et leur patience. A ce propos, le Congo peut être un peu fier, en attendant les actes.

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Les commentaires récents (3)

  1. Tout à fait d’accord avec votre analyse et, surtout, avec ce cri du coeur : Que brille la flamme Lucha et Filimbi ! Les opposants ont montré leurs limites. Ils ont dit une chose et fait son contraire : ils voulaient le départ du président ou celui du premier ministre ? Ils ont bel et bien cautionné le glissement, qu’ils avaient juré de combattre jusqu’au bout ! Le Sphynx de Limete va-t-il revenir sur son appel et demander au peuple de reconnaître maintenant la légitimité et la légalité de Kabila ? Va-t-on vraiment le prendre au sérieux, lui dont la plus grande qualité était la constance ? À mon humble avis, c’est la MP qui sort gagnante de ces négociations, qui donnent un nouveau souffle à Kabila et dont le respect n’est nullement garanti, d’autant que la MP a signé « sous réserve » ! Une grande première aussi, c’est l’acceptation du partage des postes par l’UDPS, contrairement à toutes ses déclarations antérieures. Tant mieux si cela peut assurer la transparence lors du prochain scrutin électoral, mais la cohabitation sera-t-elle facile et quel sera le poids d’un premier ministre sans majorité parlementaire ? Et puis, fallait-il qu’il y ait des morts, tant de morts, pour en arriver là ? Vous avez pleinement raison. La Constitution a bel et bien été violée et remplacée par un bout de papier qu’on a signé sous réserve ! La vigilance est effectivement de mise plus que jamais !

  2. Ça N’irait Bien Qu’avec Un Premier Ministre Issu De L’udps Qui N’accepte Pas De Pot-de-vin…Les Ministères Finances, Affaires Etrangères Et Defenses Occupés Par Les Opposants..

  3. Les promesses de partage des postes ne concernent pas les congolais.
    Le glissement de Kabila ne concerne pas non plus le peuple congolais.
    La signature d’un accord qui consiste à demander à Kabila d’attendre son successeur élu sans préciser exactement quand ce
    successeur sera élu n’est pas ce qui intéresse le peuple congolais.

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