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Le dépistage : la peur des prostituées de kamituga

Du sexe à bas prix,  on en trouve à Kamituga, la cité minière située dans le territoire de Mwenga à plus de 168Km à l’ouest de Bukavu. Ici, le sexe avec ou sans préservatif, c’est au client de choisir. Malheureusement, beaucoup, parmi les prostituées, refusent catégoriquement le test de dépistage du SIDA.

De passage à Kamituga, je me fais passer pour un client àTchanda, le quartier général des prostituées. À mon arrivée, juste à la première maisonnette située à l’entrée du quartier, on m’accueille chaleureusement : « Bienvenu chéri !», lance une prostituée. Plus loin, une autre crie, « si son tarif ne te convient pas, alors  viens chez moi chéri ! » . Du sexe pour 500 à 2000 francs congolais (0,5 à 2$), tout est fonction de mes moyens.

Pendant que j’avance dans la rue principale du quartier, j’aperçois un restaurant de fortune nommé « Zani na nyaba » (c’est mon argent que je dépense ). À l’intérieur, une bâche sépare le grand salon des chambrettes à louer. Ici, les bières consommées sont accompagnées du sexe. Sur place, je rencontre cinq prostituées et, ensemble, nous lançons le débat sur le dépistage du SIDA.

 « Se faire dépister : c’est se stresser tout simplement »

« Je suis venu chercher l’argent ici. À Bukavu, d’où je viens, je ne servais presque à rien. Depuis que j’ai abandonné les étude, je cherche l’argent par mon corps. Dans ce boulot, on n’aime pas entendre parler du dépistage, car ça déconcentre. D’ailleurs personnellement, je ne crois pas que j’ai le SIDA ! » déclare Clarisse, 24 ans, originaire de Karhale à Bukavu.

Visiblement, le mot « dépistage », dérange les femmes et les hommes à Kamituga. « Je me demande pourquoi faut-il céder aux injonctions des blancs. D’où est venu le SIDA ? Ce mot dépistage, n’est-ce pas chez eux qu’il est venu pour nous stresser tout simplement? Ils veulent anéantir notre bonheur !  » s’exclame Béatrice âgée de 33 ans, native de Bendera au Katanga.

Difficile de sucer un bonbon dans son emballage 

La « concurrence sexuelle » à Tchanda, pousse plusieurs professionnelles du sexe à ne pas réfléchir devant l’argent. Ainsi, elles cèdent facilement aux appétits sexuels des hommes. Parfois, les préservatifs ne sont pas utilisés. « Nous sommes nombreuses. Certaines utilisent des fétiches pour attirer les clients. Alors quand un homme capricieux refuse de porter un préservatif pendant l’acte sexuel, on accepte aussi. Plusieurs clients ont l’habitude de dire qu’ils ne veulent pas sucer le bonbon dans un sachet. C’est normal», indique sans complexe Bijoux, 27ans, originaire de Kamituga au Sud-Kivu.

Parfois, certaines prostituées ne disposent pas des préservatifs au cours de l’acte sexuel. C’est le cas de Jolie, 19 ans. « Je suis allé chez mon fournisseur pour chercher quelques cartouches de préservatifs. Malheureusement, tout le carton était déjà vide. Depuis, j’ai commencé à faire l’amour sans protection. D’ailleurs, cela m’a donné de la clientèle »  

Le virus du SIDA continue à faire des victimes dans la province du Sud-Kivu. Le grand problème est que beaucoup ne sont pas informés sur leur état sérologique. Des efforts doivent être multipliés, afin d’encourager les gens à faire le dépistage volontaire et les influencer à se soumettre aux soins médicaux en cas de besoin. Surtout dans les zones minières, où le sexe est consommé à volonté.

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Les commentaires récents (7)

  1. Au faites, un bravo à cette recherche et sa publication avec des citations encourageantes des dites clientes de la vie sexuelle. Quelle stratégie faut-il lancer pour convaincre ce monde à une véritable lutte contre d’abord:
    – La pensée nuissive des prostituées?
    – Quel moyen pour la mise en oeuvre de la sensibilisation de masse sur le VIH et ses rages dans les zones minières au Sud Kivu?.
    – Le PNLS fait quoi excatement dans ce programme national avec le FOND DE NATIONS UNIS POUR LE VIH au sud Kivu?

    1. Cette situation est essentiellement liée à une faible sensibilisation des qui est une « population spéciale » à Haut risque. Une bonne campagne de sensibilité lsation pour le changement de comportement pourrait faire changer la tendance sur la durée (le temps.)

    2. Je vous remercie pour cette recherche de terrain sur un mal qui a encore un sol fertile comme dans toutes les zones minières en RDC. Je trouve mieux que l’utilisation des préservatifs ne soit par l’unique recette à offrir dans cette sensibilisation. La méthodologie doit être holistique car convaincre l’homme peut passer par plusieurs moyens de communication pour le changement des habitudes, comportement et de caractère. Dans ce terroir où j’ai vecu jusqu’à l’age de 16 ans, la prostitution ou même les relations sexuelles hors mariage ne sont pas une valeur, surtout chez une femme qui se respecte. La prostitution devient un fait social. Or, les faits sociaux sont totaux et globaux. Le changement social requiert à ce niveau une implication harmonisée et coordonnée de tous les acteurs de changement social dans une société. Une des pistes de solutions serait qu’on trouve des sources alternatives pérennes, dignes et propres de revenu pour les femmes exposées aux risques des infections sexuellement transmissibles et le VIH/SIDA. Un deuxième piste selon moi serait que les femmes et les creuseurs artisanaux bénéficient d’un accès à la formation de base qui véhiculent une diversité de compétences de vie courante qui améliorent le savoir-vivre dans la famille et la communauté.

  2. C’est très embarrassant quand nous ecoutions ce genre de drame.Mais la même situation qu’à Kamituga,RDC est aussi frequente dans certains coins de la ville comme la celebre place  » BEACH MUANZI » où regne deux boite de jour et nuit appelées ZOLO-ZOLO et Delwa
    Veuillez y passer, the hell is there.

  3. Chers intellectuel(e)s, frère. Comme etant un enfant de kamituga, que devons nous faire pour mettre fin à cette situation, car c’est notre jeunesse qui est entrain d’être détruite.
    vos conseils svp.

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