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Les dialogues éternels en RDC 

Les dialogues politiques ont été nombreux depuis l’indépendance du pays il y a 56 ans. Plus d’une trentaine de dialogues ont été tenus sans que cela n’ait apporté ni le développement, ni la paix. De véritables conciliabules ! Voici pourquoi.

Tel le dieu romain Janus, les « dialogueurs » ouvrent et ferment les portes à qui ils le souhaitent. Un dialogue, ne sert pas à régler les problèmes. Ils doivent avant tout renforcer le chef et lui seul. Et tant pis si les mécontents râlent.

Dans une « Lettre ouverte à Masire », l’universitaire Banyaku Luape a recensé 37 moments de dialogue, depuis l’indépendance de la RDC. Pour ma part, j’ai décidé d’en sélectionner 23 qui se sont tenus pendant quatre périodes cruciales : l’indépendance et ses soubresauts, démocratisation et alternance, alternance du pouvoir et la guerre qu’elle a apporté. Enfin, la stabilisation et l’alternance.

L’indépendance congolaise et ses soubresauts 

Au président Joseph Kasa-Vubu se posait le défi de décoloniser son pays. Avec d’autres leaders, il dut discuter sur l’indépendance de son pays à la Table-Ronde de Bruxelles. L’indépendance qu’il obtint fut ensanglantée, la fête ne dura que 11 jours et, bonjour les rébellions. En plus, il dut faire face à la sécession du Katanga et du (sud) Kasaï. Commença alors une série de dialogues, sommets … jusqu’à Tananarive (Voir l’infographie).

La démocratie et l’alternance

Mobutu arriva au pouvoir par un coup d’Etat. Il mit fin aux querelles interminables entre leaders politiques par une longue dictature qui finit par son exil au Maroc. Il dialogua peu et lorsqu’il le fit, il resta toujours maître du jeu. La conférence nationale entre 1991 et 1992, il décida de la suspendre, exaspérant la crise de démocratie entamée en 1990.

(Sur la carte, cliquez sur une bulle et voyez la ville, l’année et les acteurs de dialogues).

L’alternance du pouvoir

Lorsqu’arriva en 1997 Laurent-Désiré Kabila, son tombeur, Mobutu apprit à dialoguer sans être meneur du jeu. Mais rapidement Kabila souffrira de la guerre dite d’agression menée par les voisins Rwandais, Burundais et Ougandais, à travers des rebellions qu’ils soutenaient. Il mourra assassiné, laissant derrière lui un pays prêt à imploser.

La stabilisation et l’alternance

L’enjeu de la période qui suivit ces perturbations originelles de l’Etat congolais fut la stabilisation. Joseph Kabila s’y appliqua méticuleusement, très ouvert aux dialogues. Sa présidence compte même le plus de dialogues dans l’histoire post coloniale du Congo. Le plus important de ces dialogue fut celui destiné à sauver le pays de l’éclatement : il eut  lieu à Sun city, en Afrique du Sud en 2003. Mais la dizaine de dialogues n’apporta pas la stabilité espérée. De l’Est du pays, au Haut-Katanga à l’Ituri en passant par Beni, des groupes armés tuent encore aujourd’hui.

S’il fallait compter leur nombre, les dialogues auraient déjà fait de la RDC un des pays les plus stables d’Afrique. Mais on le sait, les dialogues font ce que leurs auteurs veulent, et le résultat c’est que les résolutions qui en viennent sont contestées et caduques avant qu’elles ne soient connues. Les politiques congolais dialogueront-ils enfin un jour pour le bien de leur pays comme ils ont su le faire à Sun City ?

On notera trois faits remarquables : Mobutu et Kabila (Laurent) ont peu dialogué. Joseph Kabila se pose en grand dialogueur, suivi de Joseph Kasa-Vubu.

 

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Les commentaires récents (2)

  1. Riche représentation graphique, Didier reste le Journaliste le plus cultivé en datajournalisme et géojournalisme. L’article est un récit historique des dirigeants dialoguistes congolais qui tablent pour ne rien résoudre. Plus ils dialoguent, plus ils créent des problèmes. Et le Peuple en meurt.

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