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La discrimination à l’embauche : est-ce aider les femmes ?

« Les candidatures féminines sont vivement encouragées ! » Vous avez probablement déjà rencontré pareille phrase dans les offres d’emplois. Favoriser ou encourager la femme, simplement parce qu’elle est femme, n’est-il pas aussi une discrimination contre les hommes ?

Les femmes sont sous-représentées dans les institutions congolaises. Elles n’atteignent même pas les 30% prévus dans les institutions politiques de la RDC. C’est incroyable, pourtant depuis 11 ans la Constitution exige la parité homme-femme en RDC. Mais cette politique soucieuse de renforcer la représentativité des femmes dans les milieux professionnels n’est pas bien perçue par tous. D’aucuns y voient un favoritisme qui aurait pour conséquences la perte de l’esprit compétitif.

« Candidatures féminines encouragées », cela suggère un traitement de faveurs à l’égard de la femme au détriment des critères tels que compétences, dynamisme, etc.  Parce qu’on veut des femmes, on les prend à n’importe quel prix. Il faut plutôt de la méritocratie.

C’est ce que rappelle Eve Bazaiba, présidente de la Ligue des femmes congolaises pour les élections et secrétaire exécutive du parti de l’opposition MLC. « Lorsque nous allons à l’école, il n’y a pas un programme pour les filles et un programme pour les hommes. Nous avons les mêmes diplômes avec les mêmes programmes », explique Eve Bazaiba. Heureusement pour elle, sa lutte politique la place au même diapason que ses collègues politiciens hommes.

Parité professionnelle, ça se joue au niveau éducatif

Pour l’avocate Brigitte Ngoyi de Kinshasa, l’égalité de chances, même au niveau professionnel, passe par l’éducation. Les femmes devraient être envoyées en nombre aussi important que les hommes à l’école. La poétesse burundaise Ketty Nivyabandi Bikura pense, en effet, que « l’accès de la femme à l’éducation est capital ».

Il y a seulement cinq ans, le taux des femmes alphabétisées en RDC était de 55%, loin derrière les hommes qui les devançaient avec un taux de 76%. Ceci montre à quel point il est important de donner plus de chance aux femmes. Mais de mon point de vue, plutôt que de se battre pour l’accès des femmes à l’emploi, pourquoi ne pas se battre pour l’accès des femmes à l’instruction ? Surtout, il s’agira de veiller à ce que de nombreuses filles inscrites au primaire, arrivent au secondaire et qu’elles aient la chance d’aller à l’université. Voilà qui devrait conduire à la réduction des inégalités hommes-femmes.

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