Journée de la libération, Dépôt du gerbe de fleurs au monument du soldat à Kinshasa, crédit Photo: Présidence/2019
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Doit-on continuer à célébrer la journée du 17 mai ?

Marquant la chute du régime de l’ancien président Mobutu, la journée du 17 mai a toujours été une journée chômée en République démocratique du Congo. Avec la fin du règne de la famille Kabila sur ce pays-continent se pose la question de l’utilité même de cette célébration. D’aucuns y voient la célébration de 22 ans de corruption, de népotisme et de toutes les choses négatives. Pour ma part, je pense que l’on doit tenir compte du contexte de l’époque avant d’adopter un point de vue définitif.  

Autant la personne de Kabila divise les Congolais aujourd’hui, autant la célébration de la prise du pouvoir en 1997 par son défunt père divise. Autant personne ne trouve à redire quant au traditionnel défilé du 30 juin, autant de gros débats surgissent quand il faut décréter chômée et payée la journée du 17 mai.

« Pour moi, cela a toujours été une journée de trop. Et Kabila la célébrait par conformisme pour quelqu’un qui se réclamait de son père », estime un collègue très remonté contre toutes les célébrations qui rappellent l’ère des Kabila. « Avec un peu de recul je me demande ce qu’on célèbre vraiment », tranche un autre.

Un contexte presqu’oublié  

Alors que le génocide rwandais prenait fin en 1994, le Zaïre venait de sombrer dans un marasme économique doublé d’une crise sociale sans précédent. Pendant ce temps, il y avait une forte demande d’une démocratisation du pays. Et le maréchal Mobutu, accablé par la maladie, tentait tant bien que mal de sauver ses attributs de « monarque absolu ».

C’est dans ce contexte que survint la rébellion de l’Alliance des forces démocratiques de libération (AFDL) avec à sa tête Laurent Désiré Kabila. En quelques mois, ces maquisards soutenus par les pays voisins réussirent à prendre la capitale Kinshasa et toutes les grandes villes parfois sans livrer de réels combats. L’effervescence était alors à son comble et la population accueillait les « nouveaux maitres du pays » en libérateurs.

Entre-temps, beaucoup d’eau a bien évidement coulé sous les ponts et l’on s’accorde à dire que le rêve s’est mué en cauchemar. La dictature a succédé à la dictature, la pauvreté n’a pas reculé, et la corruption est toujours érigée en système.

Mais devrons-nous oublier pour autant le contexte de l’époque ? Au-delà de la célébration de la chute d’un régime, ne doit-on pas voir les revendications qui furent celles d’une population désabusée et qui croyait fort au changement ?  Célébrer le 17 mai ne contribue-t-il pas à la préservation d’une partie de  la mémoire collective ? Voilà à mon sens les questions qui peuvent nourrir la réflexion et éviter des débats stériles.

Dékabiliser la lutte

Il est plus que jamais nécessaire de faire un distinguo entre la lutte qui fut celle des Congolais sous le règne de Mobutu et la personne de Laurent Désiré Kabila qui a su profiter d’un contexte favorable pour s’emparer du pouvoir. J’estime qu’en effaçant la date du 17 mai de la mémoire collective on n’aura plus de raison de célébrer le martyr de ceux qui ont offert leur vie pour faire chanceler le joug de la dictature mobutiste.

Il se dégage une certaine unanimité sur le fait que les victimes de la dictature de ces 22 dernières années ne doivent pas être oubliées. De même il est impérieux que ceux de la période précédente trouvent une place dans un coin de nos souvenirs.

En somme, je pense que la date du 17 mai ne doit plus être vu comme le jour de la naissance d’une dynastie qui régna sur le Congo 21 ans durant. Elle devrait être vue comme le jour-souvenir de l’achèvement de la première phase du combat de tout un peuple face à un système. Un combat qui est loin d’être terminé malgré l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi.

 

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Les commentaires récents (1)

  1. Votre hypothèse doit être soutenue, il est vrai qu’on ne peux pas célébrer une date accaparé par un chef rebelle, il n’était président de la république, plutôt un chef de l’État, il faudra peut-être pesé chaque mot a sa valeur, un rebelle quand il prend le pouvoir il est appeler chef de l’État , plutôt celui celui qui a été élu au suffrage directe , il mérite être appeler alors Président de la république, 17/05 réservé aux militaires et mieux que pour un chef rebelle comme lui