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Eddy Koko, collectionneur des monnaies et timbres congolais

C’est une exposition rare que l’Institut Français de Bukavu a accueillie le 12 décembre 2019. Prévue pour durer jusqu’au 25 janvier 2020, elle proposait des « timbres et billets de banque » de la RDC depuis l’indépendance. Son auteur, Eddy Koko Muhindo, se présente comme témoin privilégié d’une époque à redécouvrir et à revivre.

Très jeune, Eddy Koko Muhindo se découvre une passion pour la philatélie grâce à une collection de timbres de différents pays que lui a offerts son oncle, un ancien prêtre.

Depuis, il n’a plus renoncé. « A chaque fois que je trouvais un timbre de la RDC, j’allais m’adresser à mon père qui me racontait l’histoire derrière l’image sur le timbre », se souvient-il. Et d’ajouter : « A 12 ans déjà, je pouvais établir une différence entre plusieurs pays du monde rien qu’en regardant la manière dont ils concevaient leurs timbres. »

Apprendre l’histoire pour mieux affronter l’avenir

Convaincu que la monnaie congolaise a une belle histoire à raconter, il visite, à la fin de ses études, plusieurs provinces de la RDC à la recherche des timbres et n’en trouve pas. Car la poste n’existe plus dans la plupart des villes. « J’ai alors compris que ce que j’avais déjà collectionné était d’une grande importance pour les générations futures », conclut-il.

Cette collection permet aux jeunes générations de s’inspirer des évènements passés pour mieux comprendre les réalités actuelles. Ainsi, elles pourraient faire face aux difficultés que rencontre notre monnaie en ce moment. « Savez-vous qu’il fut un temps où 1 zaïre équivalait à 2 dollars américains ? Ou encore un temps où 1 million de zaïre ne pouvaient même pas acheter un pain ? », interroge l’historien.

Patrimoine en disparition

Eddy Koko Muhindo déplore aussi le fait qu’il n’existe pas de maison de négoce officielle où vendre ou acheter des timbres et billets de banque. « Les quelques particuliers qui détiennent des pièces les vendent à leurs correspondants en Europe. S’il faut nous les donner, ils nous les vendent très cher au pays », regrette-t-il. Il poursuit : « Je suis obligé de faire des courbettes pour que les particuliers qui détiennent des timbres et billets de banque anciens me les vendent en espérant qu’un jour nous ayons un haut lieu de la mémoire collective dans notre pays. »

Quelles que soient les difficultés auxquelles il fait face, Eddy Koko Muhindo ne désarme pas. Il rêve de créer un musée de la philatélie où l’histoire des timbres et des  monnaies congolais sera exposée. Également, il compte organiser des expositions dans les 26 provinces de la RDC et rêve ainsi d’une collaboration avec de grands collectionneurs internationaux afin de faire rayonner l’image de la RDC à travers le monde.

« Au lieu de payer des lobbies pour mieux vendre l’image de notre pays, on peut le faire avec nos timbres dont les différentes images pourront représenter les ressources dont dispose la RDC », suggère-t-il.

 

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Les commentaires récents (2)

  1. Vraiment c’est très bon … à lire. Ça me rappelle l’histoire de « yayote ». Bonne chance à Eddy Koko pour sa musée qu’ Va créer vraiment, bonne initiative vraiment

  2. Vraiment c’est très bon … à lire. Ça me rappelle l’histoire de « yayote ». Bonne chance à Eddy Koko pour sa musée qu’ Va créer vraiment, bonne initiative vraiment