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Emmanuel Ramazani Shadary, un Medvedev congolais ?

La nomination in extremis d’un « dauphin » par le président Kabila ne manque ni de morgue ni de provocation. Le sortant se dote-t-il d’un « Bulldozer » pour mieux continuer à dominer la politique de RDC ?

A la fois surprenante et logique, la désignation, ce 8 août, d’Emmanuel Ramazani Shadary apparaît comme un pied de nez de l’impénétrable chef de l’Etat, gestionnaire presque exclusif du suspense politicien et je-m’en-foutiste vis-à-vis des critiques internationales. Son candidat, Emmanuel Ramazani Shadary, est en effet sous le coup de sanctions de l’Union européenne. Mais après 17 ans de pouvoir et la renonciation à un troisième mandat, Joseph Kabila a-t-il jeté l’éponge politique pour autant ?

Jusqu’ici, Emmanuel Ramazani Shadary n’avait jamais avoué d’ambitions autres que législatives et ministérielles. Sera-t-il à Joseph Kabila ce que Dmitri Medvedev fut à Vladimir Poutine, lorsque ce dernier tenait officieusement les rênes du pouvoir ? Manifestement, la réponse à cette question suppose la résolution d’un autre niveau de l’équation : l’ancien ministre Shadary que l’on surnomme « coup sur coup » sera-t-il élu ? En plus, la question n’est pas de savoir quel cacique sera la marionnette de quel ventriloque, mais dans quelles conditions le scrutin se tiendra. A quoi servirait-il aux opposants de voir Kabila remplacé par un clone ?

Nombreux sont ceux qui prêtent au président sortant l’intention de garder la haute main sur les manettes décisionnelles. Quant aux opposants, certains font mine de considérer la désignation de Shadary comme un non-événement qui ne concerne que le clan au pouvoir. Martin Fayulu rappelle que l’essentiel réside dans ce que sera le choix du peuple, le moment venu.

Les réactions fusent de partout

Les réactions à cette annonce de candidature sont donc prudentes, sinon mitigées. Jonas Tshiombela, le porte-parole du Comité laïc de coordination (CLC) évoque « une première bataille de gagnée » qui ne doit pas faire oublier la suite du combat pour un état de droit abouti. George Kapiamba, président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) ou le député belge Georges Dallemagne rappellent les sanctions européennes pour « entraves au processus électoral et violation des droits de l’homme » qui pèsent sur Emmanuel Ramazani Shadary.

Par la voix de Jean-Paul Mulagizi, l’emblématique mouvement citoyen Lucha suggère une mobilisation constante, les risques de fraude électorale n’étant pas écartés, comme le souligne également Human Rights Watch. Des inquiétudes nourries par l’utilisation programmée de machines à voter.

 


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Les commentaires récents (1)

  1. Nous sommes toujours à la recherche de la vérité : sur quel critère particulier Emmanuel Ramazani Shadary a-t-il battu les autres candidats ( surtout les poids lourds…) au dauphinat de la majorité présidentielle ? ! ?