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Le festival Amani a-t-il vraiment un impact sur la paix dans l’est?

La quatrième édition du festival Amani a commencé ce vendredi 10 février à Goma. Il ira jusqu’au dimanche 12 février. Trois jours de musique et d’exposition. Une trentaine d’artistes nationaux et internationaux invités. La communauté Habari RDC de Goma est au rendez-vous.

Parmi les chanteurs invités, on compte Fabregas, Pack El Sambo, Sauti Soul, Deejay USX… Ils vont chanter et danser pour promouvoir la paix et la réconciliation dans la partie est de la RDC meurtrie par deux décennies de guerres.

Pourtant, la question se pose : tous ces shows ont-ils vraiment un impact dans la recherche de la paix au Nord-Kivu ?

Dans une conférence de presse, quelques heures avant le lancement de ce festival Amani, le blogueur Rodriguez Katsuva de Habari RDC a posé la question directement au patron de ce festival,  le Belgo-congolais Eric De la Motte.

Quel bilan faites-vous de ce festival Amani, 4 ans après son lancement, dans la recherche de la paix à l’est ?

Eric de la Motte:  » Pourrais-je dire que ce festival a apporté la paix dans l’est?  Non. Ou pourrais-je dire que nous pouvons de nous même  amener la paix ? Non plus. Mais nous avons sans aucun doute apporté de l’espoir dans certains coeurs.

Nous avons rassemblé des milliers de festivaliers dans une même vague de danse pour chanter la paix et le changement. Des ethnies qu’on disait par exemple en conflit dans le Nord-Kivu se produisent ensemble au festival Amani dans leurs danses folkloriques ! Depuis deux ans, nous avons introduit l’aspect qui encourage l’entrepreneuriat des jeunes. J’en connais au moins deux qui se sont lancés en affaires et qui prospèrent grâce au festival Amani !

Il y a quelques temps, j’ai rencontré un jeune musicien de Goma. Je lui ai demandé : Ça va ?  Et il m’a répondu: oui !

-Tu vis de ta musique? Il a dit: oui,  grâce au festival Amani qui m’a fait découvrir au public, je vis bien de ma musique !

Pour nous, c’est déjà un bilan positif.

Cette année 2017, près de 36 000 festivaliers sont attendus à Goma. Déjà quatre jeunes aux idées innovatrices d’entrepreneuriat ont reçu des prêts sans intérêt de 1000$ chacun pour lancer leurs affaires et seront accompagnés par l’unique académie de l’entrepreneuriat de Goma Great vision business. Plusieurs groupes locaux aussi qui vont se produire auront la chance de se faire découvrir au monde entier et de booster leurs carrières. Ça aussi c’est déjà un bilan positif !

Comme l’a dit un assistant en communication du festival: “C’est se tromper que de penser que pour chercher la paix il faut nécessairement avoir une mine attristée, qu’il faut pleurer et se lamenter! Nous, on a choisi de danser et de chanter pour chercher cette paix! »

Tout comme le dit le slogan du festival Amani: “Playing for change, singing for peace!” Certes, ce festival ne va pas amener la paix avec ses chansons et ses danses, mais au moins ces jeunes entrepreneurs pourront donner de l’emploi à des dizaines d’autres jeunes. Ils lutteront ainsi contre l’oisiveté, principale cause de recrutement des jeunes dans des bandes armées. Et les artistes qui se produiront auront une visibilité mondiale qui sûrement apportera un souffle à leurs carrières . C’est déjà ça construire la paix!

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Les commentaires récents (4)

  1. Aucun impact sur la paix ! C’est du tralala, du business ! De bonnes intentions sans doute, mais des voeux pieux ! Chanter et danser pour la paix ne doit pas se faire sur commande, à l’occasion d’un festival ! On va chanter et danser pour la paix tout au long du festival et, après le festival, on va chanter et danser pour autre chose… en attendant la cinquième édition du festival ! C’est du cinéma, un véritable cirque !

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