#JournéeDesFemmes : Il faut fêter la journée internationale des femmes !

Différentes personnalités politiques et activistes se lèvent pour rappeler à la société que le 8 mars n’est pas une journée de la fête de la femme, mais une journée de lutte pour les droits des femmes. C’est vrai, mais les deux expressions sont-elles contradictoires ? La fête exclut-elle le fait de revendiquer des droits ? Je ne partage pas cet avis, je vous explique pourquoi.

Qui a dit que fêter cette journée tuerait la lutte que mènent les femmes depuis des années ? Depuis le lancement de l’idée d’une « journée internationale des femmes » en 1910, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, jusqu’à nos jours, des progrès ont été enregistrés. Par exemple, le droit de vote qui était l’une des premières réclamations majeures, fait aujourd’hui partie des droits acquis par les femmes dans un grand nombre de pays du monde, le Congo inclus.

On enregistre aussi des avancées dans les revendications des droits des femmes en RDC. La loi N°15/03/ du 1e août 2015 portant modalités d’application des droits de la femme et de la parité établit les mesures d’application de ces droits qui reviennent à la femme congolaise. « La présente loi a pour but la promotion de l’équité de genre et de l’égalité des droits, de chances et de sexes dans toute la vie nationale, notamment la participation équitable de la femme et de l’homme dans la gestion des affaires de l’Etat », est-il précisé dans cette loi. La révision du code de la famille et la loi sur les violences sexuelles font partie des avancées majeures en la matière. Si les textes c’est bien, espérons que les faits suivront bientôt.

Parce que la lute ne se fait pas en un jour

Certes la lutte féministe a encore de longs jours devant elle au Congo, mais tout cela ne nous empêche nullement de nous arrêter un moment pour célébrer la journée de la femme, célébrer la lutte et les victoires des femmes congolaises.

C’est toute l’année que des conférences, des forums et des plaidoyers sont menés en vue d’atteindre la pleine émancipation de la femme dans notre société. Vous vous souviendrez sûrement du premier Congrès de jeunes femmes politiques en RDC ou encore le Congrès international des femmes d’Afrique. Parler des droits des femmes tous les jours, en tous lieux, même dans les églises est la seule voie pour réaliser des progrès dans l’intérêt de la femme et de l’humanité. Donc célébrer la femme le 8 mars ne fait que contribuer à cette lutte qui continue. Notez que c’est le seul jour à Kinshasa où je peux voir nos robots-roulages vêtus en pagne, les plateaux de télé décorés aussi en pagne… Alors les dames, fêtez, mais informez-vous aussi. Cliquez ici pour découvrir l’histoire derrière le 8 mars.  

Parce qu’il n’y a pas que le 8 mars pour parler femme

Sortir les griffes féministes tous les 8 mars alors qu’on a gardé le silence toute l’année ne fera jamais avancer la cause féminine. Au Congo, même si la femme est marginalisée, elle fournit beaucoup d’efforts pour assurer son émancipation. Certaines cassent des pierres pour nourrir leurs foyers, d’autres sont gardes-parcs ou femmes politiques… Vous montrer ces femmes qui osent changer l’image triste de la femme congolaise, c’est ce qu’a réalisé Habari RDC au quotidien, depuis 2016. Cliquez ici pour voir toutes ces histoires intéressantes de congolaises d’exception. Penser qu’on ne devrait pas fêter le 8 mars, c’est une façon de réduire au silence la bravoure de toutes ces championnes.

Quitter l’état d’un être marginalisé dans toutes les sociétés vers celui d’un être célébré et fêté par toute l’humanité, c’est déjà ça la lutte, que dis-je, la victoire. On devrait même faire plus ! Certains ne veulent pas qu’on appelle ça « journée de la femme », d’autres disent qu’il ne faut pas souhaiter « bonne fête » aux femmes. Qu’on offre des fleurs, des cadeaux ou des souhaits, du moment qu’on célèbre la femme, n’est-ce pas une victoire ? Alors, bonne fête les femmes !

 


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