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Fosses communes aux Kasaï : l’ONU est « à côté de la plaque » affirme Lambert Mende

Le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende, dénonce la précipitation du Bureau conjoint de l’ONU pour les droits de l’homme au sujet des violences aux Kasaï. « Le gouvernement de la RDC s’est dit surpris de lire les résultats d’une enquête qui n’a pas encore commencé », déclare le porte-parole du gouvernement congolais.

 Selon le rapport du Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’homme (BCNDH), les Forces armées de la RDC auraient creusé 42 fosses communes dans l’espace Kasai pour y enterrer les victimes des affrontements qui les opposaient aux miliciens de Kamwena Nsapu. Dans une conversation téléphonique accordée à Habari RDC, Lambert Mende parle de l’affaire Kamwena Nsapu et donne le point de vue du gouvernement concernant la désignation de Joseph Olenghankoyi à la tête du Comité de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre, CNSA.

 Habari RDC : le Bureau conjoint de Nations-Unies vient d’attribuer aux FARDC 42 fosses communes découvertes dans les Kasaï. Le gouvernement serait-il à la source du massacre de ses propres citoyens ?

 Lambert Mende : Nous sommes en face d’un cas type de forfaiture de la part du Bureau conjoint de Nations-Unies aux droits de l’homme. Vous vous souviendrez qu’il y a quelques semaines, il a été convenu à Genève au Conseil des droits de l’homme de procéder à une enquête conjointe entre les experts de Nations-Unies et les instances judiciaires congolaises. Le mardi 25 juillet 2017, le Conseil de sécurité par la voie des ambassadeurs des États-Unis et de la Grande-Bretagne, a informé officiellement notre gouvernement de la nomination par le commissaire aux droits de l’homme de l’ONU de trois experts internationaux qui vont représenter les Nations-Unies dans ces enquêtes conjointes sur les événements dramatiques survenus dans les Kasaï.

On nous a présenté le Canadien Luke Coté, la Mauritanienne Fatima M’baye et le Sénégalais Bacre Ndaye. En attendant leur arrivée à Kinshasa prévue pour le 3 septembre prochain, selon l’information qui nous a été livrée par les ambassadeurs, nous avons intimé l’ordre à nos enquêteurs de tout arrêter pour reprendre au même moment que nos hôtes.

Nous sommes donc surpris d’apprendre qu’il y a déjà des résultats avec des nombres de fosses communes pour une enquête qui n’a pas encore commencé ! En plus, on attribue des responsabilités aux Forces armées de la République Démocratique du Congo. Même un enfant peut comprendre que le Bureau conjoint des Nations-Unies est tout à fait à côté de la plaque ! On ne peut pas avoir les conclusions d’une enquête qui n’a pas encore commencé.

Comment réagissez-vous au tollé suscité par la désignation de Joseph Olenghankoyi au poste de président du Conseil national de suivi de l’accord du 31 décembre ?

 N’étant pas partie prenante, le gouvernement congolais n’est pas concerné par la procédure de désignation du président du CNSA. Celle-ci n’engage que les parties prenantes aux discussions directes du Centre interdiocésain. Et ces parties prenantes sont bel et bien connues. Il s’agit de la majorité présidentielle, de la société civile, de l’opposition signataire de l’accord du 18 octobre et de l’opposition regroupée au sein de la plateforme appelée « Rassemblement ».

Cependant, nous avons constaté qu’il y a effectivement un problème à la fois au sein de l’opposition signataire de l’accord du 18 octobre et celle signataire de l’accord du 31 décembre. Nous ne pouvons que souhaiter qu’ils règlent leur problème sans paralyser le pays dans la marche vers les élections.


[Le BCNDH a publié un rapport accablant contre le gouvernement sur les violences dans le grand Kasaï. Espérons que ces révélations ne feront pas de son responsable, José Maria Aranez, persona non grata en RDC comme ce fut le cas de son prédécesseur Scott Campbell qui avait publié en son temps un rapport choc sur l’opération policière contre le gangstérisme urbain dénommée « Likofi » Ndlr].

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Les commentaires récents (2)

  1. Lambert Mende s’agite pour rien: ce sont les FARDC qui sont responsables de fosses communes découvertes à ce jour au Kasaï central parce que. pendant les affrontements, ils étaient les seuls à avoir cette facilité de creuser les fosses comparativement aux gants de kamuina nsapu et même si c’est pas le cas, le fait qu’ils n’ont pas su assurer la protection de tous ces citoyens enterrés peut également les rendre responsables et M.Lambert s’agite parce que ce même scénario peut s’expliquer pour le gouvernement qui doit être aussi tenu comme responsable de ces massacres et cela ne demande pas qu’il y ait une enquête.

  2. l’ONU a ses agents sur terrain, c’est normal de produire un rapport sur la situation qui se vie au kasaï avant meme la dessente sur-terrain. avant cela, l’onu a di, il suit depret et de loin les massacres au kasaï. en mon simple avis, le gouvernement pensait que sa va passé innapercu comme le massacre dans la ville et territoire de Beni.

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