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Frais universitaires à Mbujimayi : le taux de change handicape les étudiants

En moins d’un mois, la tension a atteint des sommets entre étudiants et autorités universitaires à Mbujimayi. Pomme de discorde : le taux du dollar imposé pour payer les frais universitaires. Les étudiants s’en tiennent au taux de 970 FC pour un dollar tel que fixé par le gouvernement. Le comité de gestion de l’Université de Mbujimayi a fixé son taux à 1900 FC, soit environ le double.

La situation était tendue depuis le lundi 4 décembre 2017 sur le campus de Tshikama. Les étudiants qui y manifestaient ont été dispersés par la police à coup de gaz lacrymogène. D’autres ont été interpelés, parmi eux le président des étudiants de l’Université de Mbujimayi (UM). Le vice-président de l’UM, Christian Kankolongo se plaint : « Nous n’avons fait que manifester contre le taux de 1900 FC pour 1$ fixé par le comité de gestion de notre université pour les frais académiques. Le gouvernement a fixé le taux à 970 FC pour 1$. Tout ce que nous réclamons c’est qu’on respecte le taux du gouvernement : 970 FC. »

Le mardi 5 décembre au matin, alors qu’ils quittaient la commune de Dibindi vers le rectorat de l’Université de Mbujimayi situé à 2 kilomètres pour déposer leur mémorandum, les étudiants ont été dispersés par la police et certains d’entre eux appréhendés. A en croire le vice-président des étudiants Christian Kankolongo, il y a eu des étudiants blessés et conduits à l’hôpital Bonzola. « Nous voulons être traités de la même manière que les étudiants d’autres universités et instituts supérieurs car les temps sont durs pour tout le monde ; pourquoi nous obliger à payer les frais académiques à un taux supérieur que celui en vigueur sur les marchés de change qui est de 1600 FC le dollar », plaide Francine Muleka, étudiante en 2ème graduat économie.

Un membre du comité de gestion de l’Université de Mbujimayi, qui a requis l’anonymat s’en défend : « Le taux de 1900 FC est d’application depuis l’année passée dans l’Université de Mbujimayi et personne ne s’en était plaint jusque-là. L’Université de Mbujimayi est une institution privée qui n’est pas obligée de se conformer au taux fixé par le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire d’autant plus que dans les universités publiques même les balayeuses sont payées par l’Etat, ce qui n’est pas le cas dans notre université. Annuellement, nous recourons au service de 120 professeurs visiteurs qui se font payer en dollars. Il est difficile pour nous d’accepter les frais académiques au taux de 970 FC car cela ne nous permettrait pas de faire face aux multiples charges que nous avons. Si les étudiants ne veulent pas payer en francs congolais car ils estiment que le taux est trop élevé, je leur conseille de payer carrément en dollars c’est plus facile, au lieu de se tirailler autour du taux ! »

Des tractations pour fixer un taux intermédiaire

Les règles ne sont pas appliquées de la même manière selon les établissements dans le pays. Dans d’autres institutions supérieures et universitaires privées, les comités de gestion et ceux des étudiants sont en pourparlers afin de parvenir à fixer d’un commun accord un taux intermédiaire qui tienne compte aussi bien de la conjoncture économique actuelle que des charges qui incombent aux universités. À l’UM par exemple, étudiants et autorités universitaires ont fini par trouver un compromis pour appliquer le taux en vigueur sur le marché. Par-contre, dans les établissements publics, le problème ne se pose pas. Les membres des comités de gestion ont accepté malgré eux le taux de 970 FC fixé par le gouvernement, ils ont peur de perdre leurs postes. Ce qui est sûr, c’est qu’ils n’auront pas la tâche facile par rapport aux charges auxquelles ils doivent faire face.

La décision du gouvernement central fixant le taux à 970 FC pour les frais académiques est certes salutaire pour les étudiants, mais ce taux est de loin inférieur à celui sur le marché qui est de 1600 FC pour un dollar. C’est sans nul doute une décision politique visant à éviter des tensions éventuelles en cette période pré-électorale.

 


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