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Et le harcèlement des étudiants par les profs, qui en parle ?

«  Je suis étudiant et chef de promotion dans une université. Plusieurs fois des professeurs et assistants m’ont demandé de leur amener des étudiantes. Cela étant contraire à ma morale, je me suis opposé. Aujourd’hui j’essuie plusieurs échecs en travaux pratiques et interrogations, au point de rependre l’année », témoigne un étudiant. Pascal c’est son nom.

Pascal a fini par abandonner les études et quitter l’université. Ce témoignage, il le donnait lors d’une conférence appelée Face aux jeunes organisée par Habari RDC à Lubumbashi en mai 2019. Ce cas peut-il être considéré comme un harcèlement en milieu universitaire ? Si oui comment régler cela ?

Les intermédiaires et les proches des personnes harcelées

Avec ce témoignage, il est facile de comprendre à quel point le harcèlement n’est pas seulement direct. Il peut ne pas s’exercer directement sur la personne ciblée. Le bourreau peut utiliser des intermédiaires pour atteindre sa proie. En milieu universitaire, les effets collatéraux du harcèlement sont parfois plus graves et funestes que sur les victimes directes elles-mêmes.

Ainsi, les intermédiaires qui refusent ou changent d’avis, mais aussi les proches des étudiantes qu’on ne sait pas avoir facilement, subissent des pressions. C’est notamment des représailles qui poussent à l’abandon des classes, comme le cas de Pascal. Je connais le cas d’un enseignant qui a puni un brillant étudiant, parce qu’il le soupçonnait d’être l’amant d’une étudiante que lui n’avait pas réussi à avoir dans son lit.

Des cas ignorées, ou oubliés ?

Il n’existe pas d’enquêtes ni de chiffres précis sur le nombre de filles et d’étudiantes victimes de harcèlement sexuel au Congo. Même chose pour des intermédiaires et des proches des potentielles victimes. En milieu universitaire, on sait juste que les proportions sont proches des pays de l’Europe. Environ 40 à 60% des femmes sont victimes de violences sexistes et sexuelles au cours de leur cursus académique selon  un guide pour prévenir et agir contre le harcèlement sexuel à destination des étudiantes.

La parole de l’étudiante trop insuffisante pour être  prise en compte

Pour le professeur Emmanuel Banywesize, directeur de l’Ecole de gouvernance économique et politique à Lubumbashi, le système éducatif accorde moins la parole aux étudiants qu’aux professeurs. Et cela devrait être corrigé. Il ajoute : « Effectivement, dans l’univers fantasmé de l’université, l’enseignant est un modèle de vertu qui ne se trompe jamais et ne prononce jamais la phrase de trop, tandis que l’étudiant est toujours ignorant. En tant que professeur, je dois reconnaître que cette confiance qu’on nous octroie est un soulagement, car elle nous évite d’enseigner dans la crainte qu’une étudiante ou étudiant  insatisfait puisse raconter n’importe quoi et être cru aveuglément. Mais cette confiance a aussi une limite ».

La parole des étudiantes est parfois associée à des mensonges. Certes, il y a des étudiantes qui essaient de se présenter en victimes dans l’espoir de justifier de mauvaises performances. Des garçons aussi. Mais cela ne devrait pas être considéré comme une règle générale. Il est important d’écouter un peu plus les apprenants, et de faire attention à ceux qui sont harcelés ou qui rapportent des cas de harcèlements.

 

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Les commentaires récents (2)

  1. Merci pour l’article; j’ai un peu l’impression que le contenu ne réflète pas vraiment ce que dit le titre, car plusieurs scénarios sont en même temps présentés.