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Le hip-hop ne règne pas en maître à Lubumbashi !

Avec son ouverture au monde extérieur, anglophone notamment, la musique de Lubumbashi connaît de fortes hybridations et mutations. C’est peut-être pour cette raison que Moses Bimanyu, animateur de la célèbre émission Digital-hiphop diffusée sur les ondes de Digital Congo, disait un jour de Lubumbashi que c’est la « capitale du hip-hop ». Un genre musical contemporain au rythme saccadé, né dans la rue, et grâce auquel des personnes comme Two Pac et BIG se sont fait connaître.

Malgré la recherche et l’expérimentation de nouvelles sonorités, la ville semble restée marquée à vie par ses classiques. Je pense à l’œuvre de Jean-Bosco Mwenda Wa Bayeke et Masengo Katiti dont certains morceaux sont repris à volonté, par presque tous les grands noms de la musique au pays. Le chanteur Alexandre Mulongo Finkelstein et le rappeur engagé King Aménophis reviennent sur ces sonorités presque traditionnelles dans leur « hommage au bon son ». Une compilation d’« anciens succès » sortie en 2015.

« C’est par l’originalité d’une musique puisée dans nos racines, que Jean-Bosco Mwenda s’est vu inviter aux USA pour agrémenter les cérémonies d’investiture, à Washington et au Carnegie Hall à New York », ne cessait de le rappeler feu le journaliste Jean-Jacques Luboya !

Qui va oublier, en effet, le succès des Jekoke (Jeunes coquettes de la Kenya) une des communes les plus mouvementées de la ville de Lubumbashi ? Il était difficile de résister à ses surprises, à sa danse et à ses rythmes parfois endiablés. Une musique et une danse issues du brassage des rythmes congolais et des pays de l’Afrique australe, avec une influence du blues et du swing entre autres, vers les années 70.

De la musique folklorique, le Congo en veut encore

Mais Lubumbashi c’est aussi des sonorités folkloriques. Ainsi, il n’est pas rare de voir les Mbudie, Twibungue, Atudiang et d’autres encore, animer les deuils, les cérémonies de mariage, les meetings et d’autres manifestations politiques. « La musique folklorique est notre credo », affirme Willy Ilumbo, ethnomusicologue et patron du groupe Chokwendeka Folk. Il ajoute : « C’est par des recherches que nous parvenons à découvrir et faire découvrir aux autres, les instruments, la danse et la musique traditionnelle. L’idée est d’adapter cette musique à la musique-monde, avec ce qu’elle a de sa substance, de son âme. » Autrement dit, si l’on y prend garde, on devrait beaucoup perdre si ce n’est déjà le cas, du patrimoine musical traditionnel.

Pourtant, ils sont nombreux les Congolais accros aux sonorités traditionnelles. A peine venu de Kinshasa, par son originalité, le groupe Chokwe Nadeka Folk a réussi à se faire remarquer. L’institut français de Lubumbashi (Halle de l’Etoile) l’a déjà programmé comme l’une des vitrines les plus importantes de Lubumbashi.

C’est peut-être cela qu’essaye de promouvoir le festival Rumba parade, dont une édition a vécu en septembre à Lubumbashi. Faire de la musique avec ce qu’on a ! Mais il y a urgence déjà d’encourager les jeunes talents attirés par le folklorique et le traditionnel congolais. Car il se perd progressivement.

 


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