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Peu d’artistes vivent de leur musique au pays de la rumba

Qui est le Congolais qui n’a jamais exécuté quelques pas de danse au rythme de notre chère rumba ? Depuis les musiciens de la première génération, la musique a toujours accompagné la vie des Congolais. Mais si des artistes comme Wendo, Madilu Système ou encore Lutumba Simaro, sont connus de tous, pensez-vous que leur musique les fait vivre ? Et que dire des jeunes talents et ceux évoluant en provinces ? Vivent-ils de leur art ?

J’ai posé la question à Cor Akim, un jeune artiste de Bukavu : pourquoi continuer à faire de la musique alors que c’est un secteur qui rapporte peu ? Voici sa réponse : « Je n’approuve pas l’idée de dire que la musique n’est pas rentable car ça serait ingrat alors qu’il y a certaines personnes qui continuent à soutenir l’art au Kivu. » Pour Lexxus Légal, un rappeur congolais, la musique de la RDC est malade comme les autres secteurs de la vie congolaise. « Chez nous, le secteur de la musique est à l’image de notre pays », conclut-il. Les opinions divergent selon que l’on s’adresse à tel ou tel autre artiste, mais ils sont unanimes sur un fait : la musique n’est pas rentable comme elle devrait l’être.

Au-delà des problèmes liés aux infrastructures, le plus grand souci auquel font face nos artistes est le piratage. Avec l’avènement des « Editions», ces maisons qui vendent les œuvres des artistes sans leur consentement, il devient difficile voire impossible pour l’artiste de tirer profit de son œuvre. Tous les profits vont dans les poches des propriétaires de ces maisons qui violent la loi en profitant de l’ignorance des artistes. Ceux-ci ne connaissant pas l’existence du droit d’auteur, ils préfèrent se contenter de la popularité ou des gains provenant des concerts et des dédicaces connues sous le nom de « mabanga ». Pourtant, ils doivent s’organiser et revendiquer leurs droits.

L’absence d’une véritable industrie musicale en RDC est également un réel problème. À cela s’ajoute le comportement des consommateurs qui préfèrent recourir à des sites de téléchargement gratuit et illégal au lieu d’acheter les disques auprès des artistes. Il y a surtout le manque de professionnalisme de nos artistes qui ne sont pas en mesure de profiter des opportunités offertes par les nouvelles technologies pour se faire une notoriété et tirer profit de leur musique. Pour Lexxus Légal, le coupable numéro un reste la classe politique qui ne se soucie pas des artistes. « Je fais partie d’un écosystème qui est pris en otage par une classe politique vorace, brillant par une mégestion professionnelle à faire pâlir de jalousie des amateurs », lâchait-il dans un post sur Facebook.

Professionnalisation, la solution magique !

Que faire pour permettre à nos artistes de vivre de leur art ? Telle est la question. Première solution : l’implication de l’Etat pour fournir aux artistes des infrastructures permettant de faire non seulement une musique de qualité, mais également des productions rentables. Deuxièmement, permettre aux opérateurs culturels de mettre sur pied des plateformes de téléchargement légal ou le paiement pourrait s’effectuer via le Mobile banking.

A nos artistes de produire des œuvres professionnelles à même d’attirer les méga-producteurs et les medias internationaux. Cor Akim disait : « Les artistes doivent se professionnaliser avant d’espérer une aide quelconque. » De leur côté, les consommateurs devraient soutenir la production locale afin que notre musique fasse fortune, comme c’est le cas sous d’autres cieux.

 


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