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Jeanine Mabunda n’est pas la première femme à diriger le Parlement en RDC

Jeannine Mabunda Lioko est désormais la présidente de l’Assemblée nationale  de la RDC. Son élection a eu lieu dans la soirée du 24 avril 2019. Elle était l’unique candidate soutenue par la majorité parlementaire acquise à l’ancien président Kabila.  Cependant, Mabunda n’est pas la première femme à arriver à la tête de l’Assemblée nationale en RDC.

Après avoir fait parler d’elle à travers la première passation civilisée du pouvoir entre un président de la République entrant et un sortant, sans effusion de sang comme cela est courant en Afrique, la RDC montre un bel exemple dans la promotion de la femme. Mabunda devient la troisième haute personnalité du pouvoir après le chef de l’État et le président du Sénat.

Omatuku et Mabunda: l’une nommée, l’autre élue

D’aucuns pensent que Jeanine Mabunda est la première femme à diriger l’Assemblée nationale en RDC. L’affirmation est d’ailleurs relayée par plusieurs medias nationaux et internationaux. En réalité, ce n’est pas le cas. Depuis l’accession de notre pays à sa souveraineté nationale et internationale, jusqu’en 2019, 20 personnalités ont déjà présidé le Parlement congolais. Parmi elles, deux femmes : Philomène Omatuku et Jeanine Mabunda. Philomène Omatuku a dirigé l’Assemblée constituante et législative-Parlement de transition (ACL-PT) comme présidente intérimaire, de février à août 2003. Elle a accédé à ce poste après la suspension de son titulaire Tshamala Kamwanya dont elle était adjointe.  En  février 2007, elle fait son retour en politique en qualité de ministre de la Condition féminine dans le gouvernement d’Antoine Gizenga, sous Joseph Kabila.

A la différence de Philomène Omatuku, Jeanine Mabunda devient la première femme élue présidente de l’Assemblée nationale.  Elle est ainsi la quatrième personnalité à occuper ce poste depuis 2006. Elue deux fois députée nationale, respectivement en 2011 et  2018, Mabunda est la deuxième femme à briguer ce poste.

Dans son parcours professionnel, elle a assumé plusieurs fonctions. De 2007 à 2012, elle était ministre du Portefeuille. En  2014, elle est nommée représentante du chef de l’Etat en charge de la lutte contre les violences sexuelles.

Jeanine Mabunda, choix du changement ou de la continuité ?

Une femme à la tête de l’Assemblée nationale c’est une bonne nouvelle pour un pays qui prône l’égalité des chances dans les institutions de prise des décisions. A voir son CV, Jeannine Mabunda n’a pas de reproches à recevoir de ma part sur le plan de l’expertise et de l’expérience. Mais la grande question demeure,  celle de savoir si elle va incarner le changement voulu ou servir la continuité du régime défunt du président Kabila. Nul n’ignore que c’est grâce à lui qu’elle arrive à ce haut niveau du pouvoir.

Non, je pense vraiment que la Chambre basse du Parlement ne devrait plus faire office de caisse de résonnance au service d’un groupe d’individus. Mabunda a donc cette urgente mission d’en préserver la réputation.

Face à l’histoire, la nouvelle cheffe de l’Assemblée nationale doit prouver à la nation et au monde qu’on peut faire confiance à la femme en lui confiant les plus hautes fonctions. Sinon, au Congo, elle ne sera pas différente de tout le monde. Or, une femme à ce niveau du pouvoir, ça devrait incarner le changement. Faire du Parlement une institution du changement populaire, ce serait en effet recréer la confiance perdue entre élus et électeurs ces dernières années en RDC.

 

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Les commentaires récents (1)

  1. En effet, une belle image pour notre pays. Nous souhaitons aussi un Fructueux mandat à la nouvelle Présidente. Le Peuple d’abord…

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