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Joseph Kabila a-t-il attrapé le virus de la bougeotte ?

2017. Cela aura été l’année d’une rare ouverture pour le président de la République démocratique du Congo. Il s’est rendu à Addis-Abeba, à Brazzaville, à New-York… Joseph Kabila, 46 ans et interdit de nouveau mandat, mobilise voisins et puissances internationales. Pourquoi faire ?

Malgré une clameur incessante des rues de Goma, Kinshasa ou Lubumbashi l’invitant à l’alternance au pouvoir depuis 2015, Joseph Kabila est là. Il vient même de franchir trois lignes rouges que lui ont fixées ses pourfendeurs (oppositions, mouvements citoyens et communauté internationale). L’année 2016 est passée sans élection et sans président élu. Pareil pour 2017. Kabila a, en plus, l’assurance d’être encore là jusqu’au moins début 2019, et d’assister à l’installation de son successeur, si élections il y a, conformément au nouveau calendrier électoral.

Un glissement qui ne va pas sans transformer un Kabila réputé silencieux. C’est un président plus actif que l’on a vu à Kinshasa. Certes, il a peu parlé en 2017. Mais on l’a vu sur des terrains rarement fréquentés ces 16 années de présidence.

L’inquiétude d’un glissement aux allures suicidaires

Au-delà de toute apparence, le calme chef d’État congolais tente de calmer son inquiétude. Sa peur, peut-être. Du moins à en juger par les nombreuses sorties et voyages diplomatiques, à l’étranger ; que cela soit en personne ou représenté par Léonard She Okitundu, le chef de la diplomatie devenu presque l’artisan de l’image d’un Kabila nouveau.

Joseph Kabila reçu plusieurs fois à Brazzaville, chez (le dictateur ?) Denis Sassou Nguesso. On l’a vu chez l’impopulaire Jacob Zuma d’Afrique du Sud, mais aussi sur les ruines de Moubarak en Egypte, à Addis-Abeba au siège de l’Union africaine, aux sommets de la SADC, la communauté d’Afrique australe. Partout, des promesses de soutien à un président traqué à l’extérieur, pressé dans son propre pays, et poussé vers l’alternance.

Sa diplomatie, et malgré les violences internes et les répressions policières, obtient même l’élection de la RDC au siège des droits de l’homme de l’ONU. Jubilation, et surtout, de quoi en mettre plein les yeux aux voisins. Mais bien sûr pas au « petit » Rwanda  (comme on l’appelle par orgueil congolais) ! Le pays de Kagame qui savoure son ère de tranquillité et de reconnaissance de la grandeur africaine ! Fermons la parenthèse. Je n’oublierai pas, ici, un discours à l’ONU la même année, dans une sale qui a malheureusement dévoilé un président isolé, non écouté.

Kabila a pris la réelle mesure du danger qu’il court, mais il est cuit

Il semble que Joseph Kabila a pris la vraie mesure des dangers qu’il court. Il sait combien il est plus impopulaire aujourd’hui que lors de son élection en 2006. Peu importe qu’il rencontre de vieux dictateurs qui prospèrent mieux que lui. Il est un peu tard pour lui pour agir comme eux.

A Brazzaville, à Luanda et partout où accourt sa diplomatie, le régime Kabila cherche des assurances. Il craint un coup d’Etat, à défaut d’un coup de force. Désespérément, il essaie de rassurer les « impérialistes » que son régime fustige sans répit, comme en témoigne ce contrat de 5 millions de dollars avec un cabinet de lobbying israélien à Washington, en vue de trouver une oreille attentive auprès de l’administration Trump.

 


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