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La justice congolaise : deux poids, deux mesures

Les troubles du 19 et 20 septembre derniers à Kinshasa ont conduit à des centaines d’arrestations. Toutes ces personnes ont vu leurs dossiers être transmis dans les cours et tribunaux de la ville de Kinshasa pour statuer sur le sort de chacun.  Quelle est la suite ? 

Nous savons tous comment la procédure judicaire dans notre pays prend du temps. Curieusement,  pour le cas de ces manifestants arrêtés, leur verdict a été rendu ce 28 septembre 2016, soit juste huit jours après leur arrestation. Parmi 100 personnes condamnées à des peines allant de 45 jours à 25 ans de prison ferme, seulement 38 ont été acquittées. A cet effet, la grande question est celle de savoir comment, les juges ont réuni toutes les pièces définissant ces infractions (pillages, incendies et destructions méchantes) contre ces manifestants pro-opposition dans un tel délai record.

Parmi ces personnes arrêtées et condamnées, il n’y a aucun policier, encore moins un officier ou un membre de la garde républicaine. Cependant, « les victimes décédées ont été tuées par des balles tirées soit à la tête, soit à la poitrine ; un mode opératoire qui pourrait indiquer que l’ordre de  tirer pour tuer ait été donné », a affirmé le Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme pour les Nations unies, lors de son discours à Genève, le 27 septembre dernier. Malheureusement, malgré cette interpellation, nous avons le regret de constater que les cours et tribunaux militaires congolais n’ont pas ouverts d’enquêtes. Et pourtant, il s’agit de meurtres par balles.

Notre justice marche a deux vitesses différentes. En réponse Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement affirme que : « La République Démocratique du Congo est un pays souverain et ne fait pas parti d’un nouveau département d’outre-mer issu de nouvelles conquêtes de l’Hexagone. » Oh le beau parleur ! Je ne crois pas qu’il y aurait ingérence si le gouvernement se contentait de jouer simplement son rôle, celui de  protéger la population.

Enfin, il y en a qui osent !

Franck Diongo, un député membre de l’opposition, vient de déposer une  plainte auprès du Procureur général de la République contre le gouvernement pour crime contre l’humanité, destruction méchante, incendie volontaire, violation de domicile et atteinte aux droits garantis aux particuliers. En réponse, le Procureur général de la République lance des investigations. Voyons donc voir dans les jours à venir si la justice sera vraiment rendue en toute transparence.

Nous sommes dans une république démocratique et non autocratique, arrêtons de ternir  l’image de notre pays qui donne ainsi le courage aux occidentaux de nous parler sur le ton du maître d’école parce que nous ne nous réspectons pas. Évitons d’importer le système de « la loi du plus fort est toujours la meilleure ». Un tel système prévaut dans la jungle mais pas dans une république qui se veut démocratique.

 

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