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Kinshasa face à une prolifération de stations-services

Depuis quelques mois, des stations-services poussent comme des champignons à Kinshasa. Elles se multiplient dans la capitale sans respect des règles urbanistiques et environnementales.

Kinshasa est une belle ville qui, malheureusement, souffre encore de manque d’urbanisation. La ville qui a fêté ses 140 ans début décembre dernier, est réputée pour ses constructions anarchiques. Depuis quelques mois, on constate un accroissement du nombre de stations-services dans la capitale congolaise.

Au Rond-Point Victoire par exemple, il existait déjà deux stations. Depuis quelques semaines, une troisième a été inaugurée. Désormais, trois stations se côtoient dans un espace de près de trois hectares.

Dans plusieurs autres coins de la capitale, le constat est identique. Sur l’avenue Kabambare dans la commune de Barumbu, trois stations-services ont été érigées ces deux dernières années sur le tronçon compris entre les avenues Bokassa et Kasaï, mesurant plus ou moins 500 mètres. A Lingwala, trois stations-services se font face désormais aux alentours de l’Académie des Beaux-Arts.

Risque d’incendie

A côté de l’Académie des Beaux-Arts se trouve l’Institut supérieur d’architecture et d’urbanisme (ISAU). Cet institut né en 2010 de la scission de l’ex-IBTP est la référence nationale en termes de formation d’architectes et d’urbanistes.

Sur place, nombreux de ces spécialistes du bâtiment et de l’aménagement urbain se sont plaints de ce phénomène très dangereux pour la population. « Ce n’est pas normal qu’une station-service s’adosse sur une résidence. Vous imaginez la catastrophe en cas d’incendie ? », a dénoncé un urbaniste rencontré sur place.

Pour l’architecte R. Mwamba, la faute incombe à la ville et au ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat qui octroient les permis de construire. Il dénonce le système de vente de ce permis souvent sans véritable étude.

A cela s’ajoutent les facteurs environnementaux, notamment la pollution de l’air. De son côté, la population se dit exaspérée face à ce qu’elle appelle « l’empressement de nouveaux riches à faire affaire dans le pétrole ».

Pour bon nombre de Kinois, ces nouvelles stations-services seraient tenues par des politiques.

Non respect de procédures

En RDC, plusieurs documents sont exigés avant de construire une station-service. C’est notamment un certificat d’incendie, une lettre d’approbation, un rapport de police, un certificat de décharge fiscale ainsi qu’un permis du département des ressources pétrolières. Ce n’est qu’après qu’on peut démarcher pour un permis de construire. Pourtant, plusieurs stations ne semblent pas avoir suivi la règlementation et se retrouvent dans des lieux à risques et rendent la circulation non fluide.

En juin dernier, le député de Kinshasa Peter Kazadi avait sollicité du ministre des Hydrocarbures Didier Budimbu une attention particulière sur ce phénomène. A l’époque, l’élu de Kinshasa se plaignait déjà du non-respect des règles environnementales et des impératifs de santé publique. Six mois plus tard, rien n’est fait et plusieurs autres stations-services sont en cours de construction.

 

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