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Kinsoulo : quand la pluie entraîne un déluge en plein Kinshasa

Pour une fois, toute la semaine durant, l’actualité de Kinshasa n’a pas été dominée par les politiques. De nouveaux acteurs leur ont pris la vedette : les pluies des derniers jours. Elles nous ont fait découvrir une nouvelle face de Kinshasa, une face qui nous fait penser à ces villes post-apocalyptiques qu’on voit dans des séries ou films américains.

Ce matin-là, comme tous les matins, je me brosse les dents. Mais en même temps, comme notre génération nous l’impose, je regarde les fils d’actualité sur mon smartphone. Et oui, nos phones nous suivent même quand on fait le bain de sa bouche ! Donc, main droite avec la brosse à dent, main gauche mon portable. Quand soudain, je tombe sur des images presque irréelles ! Kinshasa était littéralement submergé, comme dans un film hollywoodien sur les catastrophes naturelles !

Kin la belle, ou poubelle ?

J’aurais aimé garder mon sens de l’humour face à ces images, mais mes yeux sont presque sortis de leurs globes, tel un personnage des dessins animés, quand je réalisais qu’il s’agissait de Kin-la-belle, enfin, plus vraiment belle du tout sur le coup. Bon, je me retiens de dire que c’est depuis longtemps que Kin est passée de belle à poubelle ! Donc, ma réaction était si étonnée que même ma brosse à dent m’a glissé des mains. J’ai directement pensé : Kinsoulo, Kin sous l’eau. Ce qui m’a inspiré ce montage graphique.

Ce que ces images ne m’ont pas inspiré, par contre, c’est de l’humour. Je n’ai pas pu. Le majestueux fleuve Congo venait de se faire de nouveaux affluents en pleine ville quoi !  Le beau boulevard du 30 juin n’en était plus un. Sous l’eau, le boulevard était juste devenu une vulgaire rivière infiltrant des gratte-ciels faisant flotter tout à son passage. Impossible d’en rire.

A Kinshasa, on n’a pas appris du passé !

Bien-sûr, on est très loin de l’ouragan Katrina qui a fait plus de 1800 morts aux Etats-Unis. Les catastrophes, les inondations, les pluies diluviennes, etc., cela arrive partout, même à Paris. Essayons donc de ne pas en faire tout un plat.

Il faut tout de même rappeler qu’en 2018, Kinshasa a été ballottée par une forte pluie. Et Il n’y a pas eu que des vielles casseroles, des babouches ou encore des bidons qui flottaient. Des corps sans vie ont également été retrouvés, paix à leurs âmes. Mais c’est devenu une coutume, une triste coutume qu’à chaque moindre pluie beaucoup de Kinois perdent leur sourire et à la place sont submergés par une inquiétude chargée de suspens sur les dégâts qui vont suivre. A Kinshasa, après la pluie ce n’est pas toujours le beau temps.

Doit-on toujours parler de catastrophe naturelle ?

Personnellement, je préférerais un vocable un peu moins accusateur contre la nature. Dans le cas de Kinshasa il s’agit, non seulement de catastrophes naturelles, mais aussi de l’inaction des habitants ainsi que l’incompétence des autorités. Ces dernières tardent à faire de ce problème une priorité.

Systèmes de drainage inadéquats, caniveaux bouchés par des immondices, constructions anarchiques, etc., dans ces conditions, à quoi donc pourrait-on s’attendre ? Les conséquences sont de loin prévisibles. Le programme de salubrité publique dénommé Kin Bopeto est surement une bonne initiative pour éviter d’importants dégâts mais il en faudra plus pour redorer le blason de notre chère ville.

 

 

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