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Koffi Olomide : chantre du romantisme ou vulgaire macho ?

Sur scène ou sur un plateau de télé, le roi de la rumba congolaise ne laisse personne indifférent. Qu’il prenne un micro pour célébrer la beauté féminine, ou qu’il émette un avis tranchant sur une question de société, Koffi Olomide, alias le « Grand Mopao », suscite à la fois admiration et réprobations. Ce qui, je pense, est assez normal pour un personnage clivant qu’il est. On l’aime ou on ne l’aime pas. Sa dernière sortie sur le plateau de TV5 Monde a renforcé mes convictions à son sujet.   

Sapé comme jamais, c’est un Koffi Olomide triomphant qui était l’invité du journal Afrique de TV5 Monde samedi 04 mai. L’homme, connu pour ses égos surdimensionnés, n’a pas été tendre avec ses accusatrices. Ses anciennes danseuses dont il espère qu’elles viendront un jour « nous dire franchement qu’elles ont menti et qu’elles voulaient rester vivre en France, obtenir des papiers ». Autant dire qu’il a sa propre lecture de la décision prise par la justice française qui ne l’a pas condamné à une peine de la prison, mais ne l’a pas innocentée non plus puisqu’il a écopé de deux ans de prison avec sursis. Confiant en lui-même, il a carrément nié tout acte de violence sur une autre de ses danseuses en 2016 au Kenya malgré des preuves évidentes immortalisées dans une vidéo.

Un peu mégalomane

La personnalité de Koffi Olomide me semble mue par un narcissisme qui frise la mégalomanie. La longue liste de ses surnoms en dit long sur ses prétentions : « Grand Mopao » ou « Grand patron » quand il veut mettre en exergue ses richesses matérielles. « Quadra Kora man » quand il veut faire admettre qu’il est le seul artiste musicien congolais multi primé en une soirée, en témoignent ses quatre trophées glanées en 2002.  « Mokonzi » quand il veut se comparer à un seigneur des temps médiévaux.

Il lui est même arrivé de se prendre pour un pape romain quand il décidait un jour de se faire appeler «Benoit XVI ». Mais il avait renoncé à « cette distinction » après la levée de bouclier de l’ancien archevêque de Kinshasa Laurent Monsengwo.

Il ne lui reste plus qu’à s’élever au rang de Dieu lui-même, me diriez-vous. Cela est peut-être déjà arrivé d’autant plus que dans l’une de ses chansons. il déclarait : « Dieu ne prie pas. A qui va-t-il adresser ses prières ? »

Personnage fantasque toujours admiré par ses fans

Les histoires de violence et de mégalomanie font la personnalité de ce chanteur populaire, mais aux yeux de ses fans, cela peut passer juste pour des frasques de la part d’une star. Des frasques ou plutôt des conséquences de ses caprices. Combien n’ont-ils pas manifesté leur joie de le voir enfin de retour en Europe après plus de 6 ans d’absence due à des problèmes judiciaires auxquels il faisait face devant la justice française ? Il était enfin libre de ses mouvements lui qui était presqu’infréquentable il y a peu. Ses fans s’en réjouissaient.

C’est toute cette admiration autour de lui qui, me semble-t-il, a poussé Koffi Olomide à dire, sans rire, à la journaliste de TV5 Monde : « Moi je pense qu’un jour les gens qui font les lois devraient réviser certaines lois. Parce qu’aujourd’hui ce sont les femmes qui ont une position ultra dominante. C’est-à-dire on ne peut rien faire, on ne peut même pas l’engueuler et la regarder avec dureté. Les femmes aujourd’hui sont intouchables et punissables. »

 

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