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A Lubumbashi, une unité de police pour lutter contre les violences sexuelles

La ville de Lubumbashi a fait face entre 2008 et 2013, à une augmentation des violences sexuelles, plus précisément les viols sur les femmes et les enfants. Ce phénomène a même été baptisé de « muviolo » pour « violeur ». En effet, il ne se passait pas deux semaines sans qu’un présumé violeur ne soit montré à la télévision. Dans ce contexte, l’unité de police de protection de la femme et de l’enfant s’est imposée comme un garde-fou. Mais où en est-on aujourd’hui ?

La police de protection de la femme et de l’enfant loge dans un bâtiment modeste doté d’un cachot de fortune. Prévenir les crimes de violences sexuelles et poursuivre leurs auteurs en les déférant devant les organes judiciaires compétents, c’est l’objectif majeur de cette unité mise en place en avril 2010.

 

La police nationale congolaise, dont la mission est de protéger les personnes et leurs biens, compte en son sein des régiments pour des questions bien définies. C’est ainsi qu’un escadron a été exclusivement dédié à la protection de la femme et de l’enfant victimes des violences de toute nature. Il faut dire que la Constitution de la RDC (article 14) fait obligation aux pouvoirs publics de veiller à l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes et d’assurer leur protection.   

Punir les violences faites aux femmes et aux enfants

Faute de sanctions exemplaires contre les auteurs reconnus de violences (conjugales par exemple) et de viols, les autorités congolaises ont décidé d’envoyer un signal fort aux auteurs de ces violences. Cette police s’est ainsi mise à traquer tous les cas allant dans ce sens, et à les déférer devant la justice.

Cette unité de police a permis de faire baisser fortement le nombre de cas de ces violences. De cette façon aussi, la police a contribué à promouvoir les droits de la femme et à leur respect qui sont aussi des droits de l’homme.

Le chemin à parcourir encore long

De gros progrès dans la lutte contre les crimes de violence sexuelle ont été faits, la tendance est à la baisse, nonobstant le fait que de nombreux cas de violences conjugales et de violences sexuelles sont tenus secrets dans beaucoup de familles. Ce qui revient à dire que la tendance à la baisse n’est représentative que sur les cas officiellement déclarés, et doit être relativisée.

Selon un rapport d’Ocha de 2017, les provinces du Haut-Katanga, Lualaba et Haut-Lomami, ont enregistré 2 385 cas de violences sexuelles et d’autres basées sur le genre. 40% des cas rapportés reviennent à la province du Haut-Katanga. En 2016, le même organisme onusien indiquait que ces violences demeuraient une des questions majeures pour la protection des civils. Mais aussi que « la prise en charge souffre d’un manque d’acteurs et de financement. » Beaucoup reste donc encore à faire.

 

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