Aide humanitaire et distribution de nouritures aux vulnérables, @Habarirdc/ElvisKatsana
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La malnutrition infantile persiste dans certains territoires du Kasaï-Oriental

La malnutrition est devenue depuis près d’une décennie, un problème majeur de santé publique au Kasaï-Oriental. Cela me chagrine qu’une province assise sur le diamant soit confrontée à de telles difficultés. 3 communes sur 5 et 2 territoires sur 5 sont concernés.

Ce jour-là, j’étais dans la commune de Bipemba, c’est à Mbujimayi. Le centre hospitalier Tudikolela accueille une famille de 7 enfants conduits par une femme. Après examen, le diagnostic est sans équivoque : 3 d’entre eux sont malades, dont Nozy Kabeya, 8 ans, atteint de malnutrition sévère. Il est aussitôt pris en charge mais va mourir plus tard. Quelques temps après, une dame d’une vingtaine d’années fait son entrée. Dans ses bras, une fillette de 2 ans, chevelure grise, très pâle et mange à peine. « Je constate que sa santé s’est détériorée pendant notre exode du territoire de Kabeya Kamuanga vers ici. Je ne sais pas pourquoi », nous dit sa mère.

Encore une fois, le diagnostic indique qu’il s’agit de la malnutrition chronique, l’enfant est immédiatement prise en charge. Pendant ce temps, la dame a déjà une nouvelle grossesse d’environ 6 mois.

Les causes de la malnutrition au Kasaï

Selon une enquête réalisée entre 2013-2014 avec l’appui de L’Unicef, la pauvreté et le non respect de certains régimes alimentaires sont les principales causes de malnutrition infantile. En effet, de nombreuses familles ne disposent pas de revenus susceptibles de leur permettre de nouer les deux bouts. Elles vivent avec moins de 2 dollars par jour. Dans ces conditions, se procurer un repas digne relève d’un miracle. Ceux qui vivent dans des quartiers pauvres manquent de tout, à commencer par l’eau potable.

Un expert du Programme national de nutrition (Pronanut) déplore que cette situation de malnutrition commence chez la mère dès la conception jusqu’à 3 ans, ou dans ce qu’ils appellent les 1 000 premiers jours de la vie. Plusieurs femmes enceintes ne mangent pas bien et nombreuses refusent de donner le premier lait (colostrum) aux enfants pour diverses croyances. Et à 3 mois déjà, l’enfant est soumis à une sorte de bouillie essentiellement à base de farine de manioc.

Faut-il rappeler que la région du grand Kasaï a fait également face à un conflit armé dit de Kamuina Nsapu entre fin 2016 et début 2018, poussant plusieurs familles à se réfugier en brousse, abandonnant derrière elles leurs économies essentiellement champêtres. Des milliers d’enfants sont morts de malnutrition.

Allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois de l’enfant

Selon le chef de division provinciale de la santé, la malnutrition aigue est responsable de nombreux cas de mortalité infantile dans la province. Sur le plan de l’aptitude à l’apprentissage, elle est responsable du retard du développement cérébral, réduit le coefficient intellectuel et participe à la perte de productivité chez l’enfant lorsqu’il deviendra adulte. Il est donc conseillé de donner exclusivement le lait maternel à l’enfant jusqu’à 6 mois, et à partir de 6 mois, le faire ainsi concurremment avec d’autres aliments jusqu’à 2 ans.

Je termine mon billet par ces quelques questions : à qui la faute lorsqu’un enfant est malnutri ? Aux parents ? À la communauté ou au pays ?

Claudine Muika

 

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Les commentaires récents (0)

  1. je pense que c’est de la faute de tous lorsque des enfants sont mal nutris car c’est une responsabilité sociétale corollaire qui incombe à tous les acteurs de la vie en communautés; daignons mieux nous organiser afin de palier à ce genre de calamités qui ne nous honorent guère…

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