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Marche de Lamuka : le choix d’une date qui suscite polémique

 Cela fait quelques semaines que la thèse de « balkaniser la RDC » est revenue en force dans le débat. Ceux qui y croient, notamment Martin Fayulu et Adolphe Muzito, deux leaders de la coalition Lamuka, ont appelé à une marche dite « d’indignation » pour dire non à la balkanisation du pays et aux tueries dans l’est de la RDC.

La marche a lieu ce vendredi 17 janvier 2020, jour où le pays commémore l’assassinat du héros national Patrice Emery Lumumba.  Le choix de cette date suscité la polémique.

Une messe en blanc

Tout a commencé par une messe en mémoire de Lumumba  célébrée à la paroisse Sainte Famille dans la commune de Masina à Kinshasa. Fayulu et Muzito y ont pris part.

Sitôt la messe finie, c’est le début d’une marche interdite par les autorités de la ville. Comme voulu par Fayulu, la marche est partie de la place Pascal dans la commune de Masina, dans le district de la Tshiangu. Les deux leaders de Lamuka en première ligne sont  vêtus de chemises  blanches avec des bandeaux blancs sur la tête, signe d’indignation et de pleurs en solidarité avec les populations de l’est du pays. Plus d’une centaine de personnes se sont mobilisées et ont répondu à l’appel.  Mais cette marche dite pacifique par les initiateurs n’a pas pu avancer jusqu’à son point de chute, la place de l’Echangeur où est placé la statue de Lumumba dans la commune de Limete.

Les gaz lacrymogènes

Les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser la foule avec Martin Fayulu. Préparés à ce scénario, plusieurs militants appliquent de la « margarine » au visage pour ne pas subir les effets de la fumée brûlante des gaz. Malgré cela, les militants ont résisté et se sont obstinés à marcher.  Plusieurs criaient : « Continuons président, continuons. » Ils ont poursuivi la marche avec  des chansons « non violentes ».

« Tokobunda na nzoto te, toko bunda na molimo » (Nous n’allons pas nous battre physiquement mais en esprit », scandaient les manifestants en lingala, langue parlée à Kinshasa.

Pour ceux qui y ont pris part, la manifestation n’aurait pas dû être étouffée puisque l’objectif est noble. « Nous sommes complétement déçus par ce genre de comportements », déplorent plusieurs manifestants.

D’autres ont qualifié cette marche de « théâtralisation » et « de récupération politique au point de salir la mémoire d’un digne fils assassiné pour l’intérêt général de la nation ».

Cependant, une question demeure sans réponse. Etait-il opportun d’organiser une marche le jour de la commémoration de la mort de Patrice Lumumba plutôt qu’un autre jour ? À vos claviers !

 

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