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Massacre de Kipupu : plus de 200 morts recensés par la société civile

Selon la société civile locale, plus de 200 personnes ont été massacrées dans la nuit du jeudi16 au vendredi 17 juillet dans le village de Kipupu, situé dans le territoire de Mwenga au Sud-Kivu. Une attaque attribuée aux milices d’autodéfense populaire Gumino et Twiraheno. Cette dernière a même revendiqué le massacre.

Dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 juillet, dans le village de Kipupu, 200 personnes ont été tuées et 10  femmes violées. On dénombre également 250 maisons incendiées et plus de 150 personnes toujours portées disparues. C’est le bilan dramatique qu’a annoncé Mwené Bolongo Ngimi, vice-président de la société civile de Kipupu. Ce constat est également soutenu par plus de 30 députés provinciaux qui parlent même de 220 personnes tuées.

Un bilan toutefois contredit par le gouvernement provincial. Dans le compte rendu du conseil provincial des ministres tenu le 24 juillet dernier, le gouvernement du Sud-Kivu parle de son côté d’une dizaine de morts, de plusieurs villages incendiés, de biens pillés et d’actes criminels.

Des actes odieux, une crise humanitaire en gestation

Pour le vice-président de la société civile de Kipupu, la menace d’une crise humanitaire plane sur cette partie du pays. « La population de Kipupu a quitté son village pour aller se réfugier dans les forêts de Nabindi et Kiseke ainsi que dans le village de Gombwe », nous explique-t-il.

Au delà de cette crise humanitaire, Mwene Ngimi redoute la naissance de conflits qui opposeraient les tribus Nyindu, Fuliro et Bembe à la tribu des Banyamulenge. Il invite les autorités congolaises à soutenir les Organisations non gouvernementales qui essaient d’apporter une assistance humanitaire aux populations déplacées.

La Monusco pointée du doigt 

Tout en demandant au gouvernement de s’impliquer pour mettre fin aux massacres, Mwene Ngimi estime que le départ de la Monusco permettrait de trouver une solution au problème. « Nous pensons que la Monusco est impliquée dans ces affaires. Nous demandons son départ car elle ne protège  qu’une tribu, la tribu des Banyamulenge », soutient-il. Des manifestations ont déjà été organisées à Fizi à  Baraka et à Mikenge pour réclamer le départ de la mission onusienne.

Si plusieurs autorités du pays ont opté pour le silence face à ces actes odieux, des personnalités politiques et des membres de la société civile se sont insurgés contre les massacres. Elles ont également dénoncé l’abandon de la population de Kipupu. Ainsi, Martin Fayulu a demandé dans un tweet l’ouverture d’une enquête internationale.

De son côté, le Prix Nobel Denis Mukwege considère que les assassinats de Kipupu s’inscrivent dans la ligne droite des massacres qui frappent la RDC depuis 1996. « Tant que l’impunité perdurera et que les recommandations du Rapport Mapping des Nations Unies seront ignorées, les massacres des congolais continueront », a estimé le Prix Nobel de la Paix.

 

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