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Mbujimayi : encore une campagne électorale avec des violences

S’il y a des moments où Mbujimayi est livré aux violences politiques c’est surtout lors des campagnes électorales. C’était le cas en 2006 et 2011, hélas je constate que c’est également le cas en 2018. Jets de pierres, attaques des permanences des partis politiques, insultes entre militants et candidats, crépitements d’armes à feu… Voilà à quoi ressemble la campagne électorale à Mbujimayi.

Tout a commencé le jour du retour au pays de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe. Les deux opposants devaient atterrir à l’aéroport de Ndjili à Kinshasa, mais à Mbujimayi des milliers de leurs militants ont décidé de leur réserver un accueil symbolique à l’aéroport local. Seulement voilà, sur le chemin, des accrochages ont été enregistrés avec les sympathisants du gouverneur Alphonse Ngoyi Kasanji. Chacun raconte l’histoire à sa manière. Ce qui est vrai c‘est que le soir de ces violences, on pouvait encore voir un amas de projectiles joncher le boulevard Laurent Désiré Kabila.

J’ai posé la question de savoir pourquoi toutes ces pierres. Un garçon qui était là me répond : « Monsieur, tu n’habites pas à Mbujimayi ? La vraie campagne électorale a commencé aujourd’hui ! » Et voilà. En d’autres termes, une campagne sans violence n’est pas mbujimayenne, ou plutôt n’est pas congolaise.

Si vous ne le savez pas, la démocratie à Mbujimayi c’est aussi le droit d’en découdre physiquement avec l’adversaire politique. Certains quartiers de la ville ont la réputation d’être des zones rouges où personne n’accepte l’opinion contraire. Et pendant cette campagne, on ne peut plus compter le nombre d’affrontements entre militants de l’UDPS et ceux du pouvoir en place, chaque camp accusant l’autre de provocation. Les insultes sont au rendez-vous.

Projectiles et armes de guerre

Et la procédure est la suivante : on commence par insulter votre candidat ou votre parti politique, ensuite on insulte votre mère… L’objectif est de vous énerver rapidement, pour qu’enfin on en vienne aux mains. C’est dans de telles circonstances que des permanences de partis politiques ont été saccagées ou prises d’assaut, des affiches de candidats comme Shadary et Félix arrachées, des blessés et des arrestations…

Le samedi 1er décembre 2018, des femmes portant des t-shirts des candidats ont été tabassées et littéralement déshabillées. On pouvait aussi entendre des coups de feu dans les environs du siège de l’UDPS sur l’avenue Kalonji. Une campagne électorale où l’on fait usage de projectiles et d’armes de guerre, je pense que c‘est une invention congolaise. Je n’ai pas encore vu ça ailleurs. Dommage que chez nous, les élections soient une occasion de donner la mort. En 2011, une fillette avait été abattue par balle en pleine campagne électorale à Mbujimayi. Je ne compte pas ce qui s’est passé à Kinshasa et dans d’autres provinces du pays.

Je pense qu’il est temps de mettre fin aux provocations et aux intimidations pour privilégier la paix. Les élections vont passer, beaucoup ne seront même pas élus. Pourquoi toutes ces animosités pour des raisons électoralistes ? #ElectionsBitumbaTe

 

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