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Mbujimayi : les journalistes livrés à eux-mêmes

Le rôle d’une corporation est surtout de défendre les intérêts de ses membres, par exemple, lorsqu’ils sont victimes de mauvais traitements ou quelque chose de ce genre. Les journalistes aussi sont organisés en différentes associations. Seulement voilà, à Mbujimay chef-lieu du Kasaï-Oriental, en dehors de l’Union congolaise de femmes de médias (Ucofem), aucune autre corporation de journalistes n’est active.

Aujourd’hui à Mbujimayi, les journalistes sont menacés, parfois arrêtés, leurs matériels ravis avant d’être restitués… Curieusement sur place, les associations des journalistes n’osent ouvrir leur bec pour dénoncer. Du coup, les professionnels des médias – n’ayant personne pour les défendre – se retrouvent abandonnés à eux-mêmes. Récemment, le rédacteur en chef d’une radio locale a passé plusieurs heures en détention à la police sans que l’on n’entende aucune protestation des médias, ni de leurs corporations.

L’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), l’Association des journalistes sportifs du Congo (AJSC) ou AJS /RDC sections du Kasaï-Oriental n’existent que de nom. Chacune étant de telle ou telle autre obédience politique. Faut-il rappeler que l’UNPC-Kasaï-Oriental est littéralement morte depuis le décès de son dernier président provincial élu, Kelly Kabuya, suivi de la démission de son vice-président Jean-Hubert Bondo, en mai 2016. Ainsi à Mbujimayi, vous n’entendrez parler des corporations des journalistes que quand elles pleurent leurs morts, ou plus grave, quand elles se disputent des miettes de per diem. Quelle honte !

Qui pour protéger les journalistes ?

Feu le président provincial Kelly Kabuya a été remplacé sans élections à la tête de l’UNPC locale par Pierre Tshibalabala qui, malheureusement, mourra lui aussi quelques mois plus tard. Depuis, la corporation est sans comité crédible étant donné qu’aucune nouvelle élection n’a été organisée. C’est le président national de l’UNPC, Kasonga Cilunde qui nomme qui il veut. Pendant ce temps, les journalistes sont à la merci de tout ce qu’on peut imaginer dans un tel contexte. Plus grave, faute de recyclage, les jeunes qui arrivent fraîchement dans le métier ignorent tout de l’éthique et de la déontologie du journalisme. Pas de commission de discipline pour juger et sanctionner en interne les cas d’abus. Ainsi va la profession au Kasaï-Oriental.

Les associations de journalistes sportifs ne tiennent plus aucune réunion comme elles le faisaient auparavant. Seule l’Union congolaise de femmes de médias (Ucofem) fait exception. Cette corporation qui regroupe les femmes journalistes est, à ce jour, la seule qui a une adresse physique et qui mène des activités sur le terrain. Ateliers, sensibilisation, etc. Bref, en cette période électorale et pendant les moments d’insécurité, qui défendra les journalistes si toutes nos corporations sont aphones et inexistantes ?

 


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