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Des pots-de-vin versés aux médecins pour écouler les produits pharmaceutiques ?

C’est devenu monnaie courante à Lubumbashi : les dépôts pharmaceutiques sollicitent médecins et infirmiers pour les inciter à ne prescrire que les produits portant leurs marques. La technique est simple : organiser une conférence-débat au cours de laquelle les médecins parlent des maladies courantes du milieu. Des tenanciers de pharmacies proposent leurs produits comme unique solution aux problèmes, de telle sorte que les médecins puissent diriger tous leurs patients vers ces pharmacies.

Le prix des produits est souvent qualifié d’« abordable », mais ce qu’on ne dit pas c’est qu’il y a aussi un prix pour les médecins. C’est pour qu’ils n’oublient pas les marques, les molécules, et les adresses des fournisseurs. Ces derniers couvrent de présents leurs hôtes. Les plus visibles sont de simples stylos et des ordonnances estampillées aux marques des producteurs de médicaments… On ne saura peut-être pas facilement ce qui se trame en dessous. Et l’éthique et la déontologie de leur profession dans tout ça ?

« Ils m’ont appelé un jour et m’ont remercié et remis une enveloppe pour avoir constaté le nombre galopant de prescriptions que j’ai signées ou dirigées vers leurs pharmacies », confie une femme médecin. Je n’indiquerai pas son nom. Mais ce témoignage, alors que je bavardais sur la question, ne m’a pas étonné. Le médecin explique : « Je sais que c’est contre mon éthique mais face aux réalités existentielles, on n’a pas toujours le choix. »

Et c’est tout le problème. Sauf qu’à ce niveau-là, je me demande si certaines molécules ne risquent pas d’être prescrites en pensant à des gratifications. On joue avec des vies, non ?

Les pharmaciens traditionnels emboîtent le pas aux modernes

La pratique est très lucrative. Des fabricants ou représentants des firmes de produits traditionnels n’entendent pas rester trop en retard. Ils remplissent aussi leurs carnets d’adresses avec des personnels soignants et récompensent ceux qui signent plus de prescriptions, pour permettre l’écoulement de leurs produits. Dans Lubumbashi où les gens savent lister des maladies soignables à l’hôpital et ailleurs, quoi de plus normal que de connaître des « tradi » !

Freddy, un agent commis au marketing d’un produit traditionnel, explique le discours sur « les limites de la médecine moderne ». Pour des maladies comme « le diabète, nous incitons les médecins à prescrire nos produits, en leur donnant une prime d’encouragement ». Cela n’étonne pas non plus, n’est-ce pas ? Et la santé dans tout ça ?

Non, ne dites pas qu’on s’en fout de la santé. Car ce sont des vies que notre système de santé piège avec une si grande légèreté. C’est en réalité criminel. Combien de vies seulement sont mises en danger à cause de cette corruption ?

 


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Les commentaires récents (1)

  1. Bonjour, je suis visiteur médical et pharmacien de formation votre enquête et publication sont vraies ,mais vous avez exagéré dans vos affirmations, il s’agit oui de la santé des hommes dont nous mêmes, les pratiques ci- haut mentionnés concernent un groupe de laboratoires pharmaceutiques pas tous; et les médecins ne sont pas tous dans cette danse.

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