Salomon Idi Kalonda, dit SK Della, conseiller de Moïse Katumbi
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Etre opposant ne veut pas dire être au-dessus de la loi

Nous assistons actuellement à une avalanche de réactions après que le passeport biométrique congolais a été refusé à Salomon Idi Kalonda dit SK Della, conseiller de Moïse Katumbi. Comment peut-on oser dire que c’est une vengeance ou une mesure politique pour l’écarter, alors qu’il est clairement dit que la cause du refus est que cet homme a la nationalité belge ? Les textes de la RDC sont clairs : pas de double nationalité.

Devrions-nous faire des exceptions simplement parce que Salomon est proche de Katumbi ? Les Congolais ne sont-ils pas égaux devant la loi ? Je crois qu’il est temps que même les personnalités publiques se plient à la loi. Sinon à quoi servirait leur combat qu’elles disent mener pour un Congo plus juste et plus équitable ?

Devenir opposant, le statut magique qui vous pardonne tout

Kabila a été considéré comme un mauvais président simplement parce que son régime a dénoncé des délinquants politiques avérés qui se sont vu pardonner tous leurs crimes par le simple fait d’être devenus opposants. Commençons par Moïse Katumbi. Il a géré le pays avec Joseph Kabila pendant 10 ans, avant de rejoindre l’opposition. Normalement on devrait lui reprocher sa participation dans la descente aux enfers du pays pendant les 10 années, période pendant laquelle il s’est aussi construit une fortune difficile à tracer. Pareil pour tous les membres de son entourage, dont son porte-parole Olivier Kamitatu. Il a fallu que Katumbi devienne opposant pour qu’on lui pardonne tout.

On a fait de même pour Bemba. Pourtant, Jean-Pierre Bemba a été reconnu coupable de corruption, car rappelons-le, « subornation de témoins » est une corruption. Or, un corrompu ne peut se présenter à l’élection présidentielle en RDC. Mais certains continuent de soutenir que c’est Kabila qui l’a écarté des élections. Comme si c’est Kabila qui avait payé de faux témoins pour Bemba. Qui oublie les personnes tuées par le groupe armé du président du Mouvement de libération du Congo ? Hélas, on lui a tout pardonné depuis qu’il est entré dans l’opposition.

Un opposant ne viole pas ?

Parlons de Diomi Ndongala, condamné pour viol sur deux mineures. Condamné, mais comme il était opposant à Kabila, on a fait passer cela pour un emprisonnement politique. Pour moi, le fait que Diomi ait accepté d’être libéré à une condition de ne jamais se rendre à 500 mètres d’une école de filles, est une preuve qu’il reconnaît ses forfaitures. Mais pardonnons-lui, car il est opposant ! Quel pays va-t-on construire sur de telles bases ?

Que dire de Martin Fayulu ? Le gars a perdu les élections, mais il continue de s’appeler président de la République, alors que l’élection d’un autre opposant a été validée par la Cour constitutionnelle. Ses supporters lancent des appels à la violence et à la haine tribale contre les Luba. Et quand la police tente d’interroger Fayulu pour y voir clair – ce qui est une démarche normale – on crie au musèlement politique. D’ailleurs, où en est cette affaire ? La police, craignant les réactions et la politisation de la question, a dû reporter l’audition de Fayulu à une date ultérieure !

Donc devenir opposant est devenu synonyme d’impunité dans ce pays. C’est du libertinage et des excès que je refuse d’accepter. Etre opposant ne veut pas dire être au-dessus de la loi, ni avoir les mains propres. Nous sommes un pays avec des lois et elles s’appliquent sur tout citoyen.

Revenons à Salomon SK Della : lui-même n’a fait aucun démenti sur sa double nationalité. Son patron Katumbi ne l’a pas fait non plus. Soyons sérieux, nous devons respecter la loi sur la double nationalité tant qu’elle n’est pas encore modifiée.

 

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Les commentaires récents (0)

    1. Cher Katsuva,
      je suis parfaitement d’accord avec vous et vous encourage à continuer comme cela. Nous avons malheureusement dans ce pays des journalistes à la solde de la politique politicienne qui à longueur des jpornées passent du temps à diaboliser certains politiciens et à blanchir d’autres alors qu’en réalité ces derniers issues d’une même famille, d’hier et d’aujourd’hui

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