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#Bourseuniversitaire : Devoir parcourir plus de 2000 km pour recevoir sa bourse !

De nombreux étudiants rêvent d’une bourse d’étude en RDC, comme Daryl Kikuni, originaire de Lubumbashi. Il s’est installé à Kinshasa pour y constituer son dossier. Son histoire est révélatrice des difficultés pour les demandeurs de bourses comme lui et qui vivent en province.

Daryl Kikuni a parcouru 2000 kilomètres pour obtenir les documents devant lui permettre d’obtenir une bourse. Des documents officiels, pour la plupart, signés par des membres du gouvernement. Une incroyable centralisation qui porte préjudice à bien des jeunes, à l’ère où grâce aux technologies de l’information et de la communication, le travail devrait être plus rapide même à distance.

Aussitôt que Daryl Kikuni a reçu la confirmation de sa bourse par courriel, il a compris qu’il ne pouvait avoir cette bourse s’il vivait en province. « En arrivant dans la capitale, j’ai amorcé les démarches car mon délai de manifester l’intérêt à la demande était limité », explique-t-il. Kinshasa, c’est le prototype de l’administration congolaise trop centralisée.

Dans certains pays pourtant, les demandes de bourses ou de visa se font à partir du point où l’on se trouve, au centre ou en périphérie, grâce à l’usage des TIC. Mais pour un Kinois que Daryl a croisé, les dossiers ont beau être traités en ligne en RDC, « coûte que coûte il faut se rendre à Kinshasa », témoigne-t-il. Ceux qui ne peuvent s’y rendre, rapidement, se découragent et perdent leur chance d’obtenir une bourse et de réaliser les études de leurs rêves.

Cette forte centralisation favorise la corruption dans la capitale congolaise, mais aussi les arnaques pour ceux qui frappent à de mauvaises adresses pour obtenir les documents dont ils ont besoin.

Malchance pour les demandeurs de bourses des provinces

A Kinshasa, Daryl s’est retrouvé régulièrement obligé de prendre les transports en commun, arpenter les couloirs de bureaux d’une administration souvent lente et faire face à des agents prêts à tomber sur toute occasion pour soutirer un peu d’argent. Même quand ils n’ont rien à faire avec les Affaires étrangères, ils sont quand même appelés à faire signer les documents des boursiers.

« Ça y est ! Je suis au bon endroit », s’est dit Daryl, en arrivant au ministère des Affaires étrangères. A plus de 2 000 kilomètres de Lubumbashi, il a dû ajouter des centaines d’autres, entre sa résidence, les fausses adresses, les zigzags d’intermédiaires, avant d’atterrir enfin au bon endroit. « La province, c’est à plus de deux mille kilomètres de ma bourse », s’écrie-t-il, pour exprimer les difficultés qu’éprouvent les Congolais loin de la capitale. En plus de la distance et des risques d’arnaque dans la capitale, il faut de la patience. Après trois longues « heures d’angoisse », Daryl entend résonner une voix venant du fond de la salle de réception : « Désolé monsieur, son excellence le vice-Premier ministre est absent ! »

Pas une notification écrite, pas non plus de courriel. Le dossier pouvait pourtant être traité en province, étant donné qu’une lettre d’accompagnement du gouvernement n’exige pas une présence physique.

C’est une réalité : vivre en province et décrocher une bourse est un calvaire en RDC. Il faut dépenser plus que les compatriotes de la capitale. Et ça c’est injuste et discriminant. On a parfois le sentiment qu’on est des citoyens de seconde zone.

 


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Les commentaires récents (1)

  1. Ceci fera que les congolais continueront d’affluer dans la capitale, et bonjour la démographie galopante et tous ses corollaires.

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