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La pensée scientifique neutre : une espèce en voie de disparition en RDC ?

Les trois dernières années ont été tumultueuses dans mon cher pays la RDC. C’était la lutte entre deux camps. L’une qui pensait ou voulait que Kabila se maintienne au pouvoir indéfiniment après expiration de son dernier mandat constitutionnel ; et l’autre qui tenait à le chasser car en 17 ans il n’aurait rien fait du tout pour le pays. Curieusement, chaque camp avançait des arguments pseudo scientifiques.

Activistes, politiciens, religieux citoyens lambda, chacun a choisi son camp. Mais si vous avez bien observé, des scientifiques aussi ! La crème intellectuelle censée être neutre se divise aussi selon un camp ou un autre. C’est dommage quand la science censée être neutre finit par suivre des tendances. On se souvient encore d’une lettre commune signée par des professeurs d’université qui soutenaient la désignation d’Emmanuel Shadary comme dauphin de Kabila.

Les lois, c’est le droit. Mais la politique tourne autour. L’interprétation qu’en font les uns et les autres est souvent dictée par une certaine tendance. On a ainsi vu des intellectuels, partisans du maintien du Raïs, se triturer les méninges pour trouver des arguments qui soutiennent leur position. Et en face, d’autres intellectuels cherchaient des arguments contraires.

Cristallisation des opinions

On se souvient des sorties médiatisées de Evariste Boshab, enseignant du droit à l’Université de Kinshasa. Il avait d’abord lancé la réflexion : « Une porte ouverte sur l’avenir afin que la Constitution ne puisse se scléroser. » En 2013, il sort la première édition de son livre Entre la révision de la Constitution et l’inanition de la nation. 444 pages qui vont faire grand bruit avec ses insinuations d’une possible révision de l’article 220 de la Constitution. Pourtant, cet article interdit toute révision de la Constitution sur des matières liées par exemple au nombre et à la durée des mandats du président de la République.

Les « chercheurs » ont tellement cristallisé les positions que le débat scientifique se résume à : opposition et majorité ! Si vous avez une opinion, même en étant de la société civile, on vous collera une casquette politique selon vos idées. Déçus peut-être de ne pas voir Kabila prendre un troisième mandat, les scientifiques congolais ont dû s’adapter. Et des universitaires se sont empressés de témoigner un soutien au dauphin de Kabila. Liberté ? Oui ! Mais est-ce que ce n’est pas dicté par le ventre ? Chers professeurs, produisez-nous de la bonne science, dénuée de toute idéologie politicienne

 

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