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Petit dictionnaire de la politique congolaise (1re partie)

Je me permets de dresser une liste non exhaustive de dix mots et d’en donner le sens compte tenu de l’actualité de ces deux dernières années.

1. Chef de l’État

Plus qu’un président de la République, le chef de l’État est un personnage intouchable. Et pour cause, il se place toujours « au-dessus de la mêlée ». La mêlée étant l’arène politique où tous les coups sont permis. (Confer le fameux discours du maréchal Mobutu le 24 avril 1990 durant lequel la démocratie fut instaurée).

2. Opposant

N’est pas opposant qui veut ? Ou plutôt, devrais-je dire : « n’est pas opposant qui veut devenir un jour chef de L’État ? » La figure du très charismatique Etienne Tshisekedi est représentative de ce type de politicien : capable de faire vaciller un régime, mais jamais parvenu à s’asseoir sur le fauteuil suprême. Comme dirait l’autre : « au Congo il vaut mieux s’appeler putschiste ou rebelle pour parvenir à ses fins ». En français facile, opposant est donc synonyme de dindon de la farce.

3. Porte-parole du gouvernement

Qu’est-ce qu’un porte-parole du gouvernement sinon celui à travers qui le chef s’exprime ? Son rôle ne se limite pas à lire les comptes rendus des conseils de ministres ou les très attendus décrets présidentiels. Il se prolonge parfois par des journalistes dans l’audiovisuel public. En tout cas, on qualifierait aisément sa fonction de ministère du démenti : l’acharnement avec lequel il rejette toutes les accusations visant le régime étonnerait tout professionnel de la communication.

4. Société civile

D’aucuns se demandent ce que revêt ce concept de société civile. Est-ce l’antonyme de société militaire qui serait l’armée ? Pour parler franchement, personne n’a la réponse exacte. Mais il est connu de tous que cette société civile fait parfois office d’arrière court du monde politique. Chaque camp étant en mesure d’en contrôler une branche.

5. Procureur

Peu importe son rang (procureur près d’un petit tribunal ou procureur général), ce magistrat n’est jamais l’ami des opposants. Ses armes favorites sont un ensemble d’accusations bidons telles que « outrage au chef de l’État » ou « propagation des faux bruits » ou encore, « atteinte à la sûreté de l’Etat » que seul lui et un juge initié peuvent comprendre.

À suivre.

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