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Les Shi du Sud-Kivu, ces Chinois entrepreneurs de la RDC

Peu de peuples du Congo ont des proverbes flatteurs propres à eux. On dit pourtant que  « si tu vas dans un village où il n’y a aucun Shi au Congo, quitte ce village, car il n’y a pas de vie ». Oui ce peuple Shi est connu pour sa grande capacité à créer de l’argent à partir de rien ou presque.

Les Shi peuvent être assimilés à des Chinois. De zéro, ils savent bien se faire des euros. Le secret des Shi c’est qu’ils font le travail que tout le monde semble mépriser ou même ignorer. Ils sont colporteurs, manucures, ou alors domestiques. Ils ont été les premiers à inventer la vente des fromages en petits morceaux à Goma. Souvent ils sont tenanciers des boutiques. Ils démarrent leurs activités dans le vide à partir d’un capital initial insignifiant. Par la persévérance et la parcimonie, ils parviennent à se créer un capital important. Avec ça,  surtout en faisant peu de dépenses, ils réussissent toujours dans leurs activités. C’est cela que j’appelle entrepreneuriat !

Entreprendre c’est ce que font les Shi

Je n’ai pas besoin de parcourir le livre Père riche, Père pauvre de Robert Kiyosaki ou La chèvre de ma mère de Ricardo Kaniama pour savoir c’est quoi l’entrepreneuriat. Le parcours de ces commerçants ambulants Shi, que nous voyons déambuler chaque jour en ville, vendant leurs marchandises en mains, me donne des réponses sur beaucoup de questions que les gens se posent, du genre : comment devenir entrepreneur ? Quelles sont les qualités d’un entrepreneur ? Que faire pour réussir dans l’entrepreneuriat ?

Jacques Murhula est un jeune entrepreneur de Goma, originaire du territoire de Wallungu au Sud-Kivu. Il a démarré ses activités avec un capital initial de près de 30 dollars. Aujourd’hui il est tenancier de 3 grandes boutiques à Birere, le centre commercial de Goma. Issu d’une famille pauvre, ses parents n’avaient rien à lui donner comme héritage.

« J’ai quitté mon village pour Goma où j’ai commencé à vendre des cacahuètes. Je me déplaçais çà et là avec mes produits, je les apportais partout où des gens prennent de la bière. C’est à ces endroits que les cacahuètes sont plus vendues », explique-t-il.

Pour réduire les dépenses, Murhula louait un petit studio avec ses amis et cousins. Le soir, pour se faire à manger, tout le monde participait et se cotisait. Dès l’aube, tout le monde se levait et partait faire son business. Murhula et ses colocataires ne pouvaient se voir que le soir.

Aujourd’hui son capital est de quelques milliers de dollars. Réussir coûte que coûte dans les affaires, était son seul objectif.

Voilà l’histoire qui doit inspirer les jeunes qui pensent que pour entreprendre, il faut nécessairement commencer avec un grand capital.

Le Nigerian Aliko Dangote avait dit : « Pour bâtir une entreprise prospère, vous devez commencer petit et rêver grand. Dans le parcours de l’entrepreneuriat, la ténacité des objectifs est primordiale. »

N’attendez pas « un bon moment » pour commencer !

Beaucoup de gens tergiversent à entreprendre. Ils attendent qu’une opportunité leur arrive. Or, les opportunités on les crée parfois, comme le soutient Chris Grosser : « Opportunities don’t happen. You create them. »

Vous n’avez aucune raison d’attendre. Plus vous reportez, plus le temps passe, or le temps c’est de l’argent. Chaque jour qui passe sans rien faire, c’est des millions de francs qui s’en vont. Ne remettez jamais à demain ce que vous pouvez faire aujourd’hui.

L’histoire de Murhula est l’une des centaines d’autres qui devraient inspirer tout jeune de la République démocratique du Congo. L’entrepreneuriat est la seule solution au problème de sous-emploi, devenu endémique.

 

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Les commentaires récents (6)

  1. Nous sommes de cet avis pour ce jeune entrepreneur. Car un entrepreneur c’est quelqu’un qui trouve une opportunité là où quelqu’un d’autre n’en a pas vu.