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Pourquoi cachent-ils leur appartenance politique ?

Nul n’ignore que Mbujimayi est l’une des villes acquises à l’opposition. Mais en cette période électorale, les candidats députés de la majorité savent qu’ils ont très peu de chances de se faire élire à Mbujimayi s’ils disent ouvertement qu’ils soutiennent Kabila ou Shadary. Du coup beaucoup cachent leur appartenance politique pour ne pas être désavoués par les électeurs.

A Mbujimayi, les discours pro-Kabila ne passent que dans les milieux proches du pouvoir. Dans certains quartiers vous risquez de vous faire lapider. Récemment, un candidat de la majorité a failli se faire lyncher par la population pour avoir essayé de faire la promotion de la candidature de Ramazani Shadary et de la machine à voter.

C’est bien dommage. Hélas, petit à petit l’intolérance politique refait surface. Plus les élections approchent, plus les gens deviennent nerveux. Et à chaque fois qu’un candidat arrive, on veut d’abord savoir s’il est de Paul ou d’Apollos, de Katumbi ou de Félix…

En dehors du gouverneur de la province Alphonse Ngoyi Kasanji et de quelques personnalités du pouvoir qui eux déclarent tout haut leur soutien à Kabila et à Shadary, les autres kabilistes se cachent et ne disent pas ouvertement leur appartenance politique.

« J’aime Katumbi et Félix, votez pour moi ! »

Plus grave, ils amènent un discours ambigu, se faisant parfois passer pour des membres de l’opposition, des pro-Katumbi ou pro-Tshisekedi. Un des candidats disait même secrètement à un ami : « Je suis du PPRD, le parti du chef de l’Etat, mais je suis de cœur avec l’opposition ! » Ce stratagème qui vise à tromper la vigilance des électeurs supposés de l’opposition avait déjà été utilisé lors des élections de 2011, mais n’avait pas fonctionné pour la plupart de ceux qui y ont eu recours. Récemment un acteur politique du Kasaï-Oriental a dénoncé cet état de choses sur son compte Facebook. Il appelle les candidats à afficher publiquement leurs partis ou regroupements politiques « afin d’éviter de créer de la confusion dans la tête des électeurs ».

Pour nous, nous pensons qu’un vrai combattant politique doit assumer ses choix et ses convictions même contre vents et marées. Pourquoi cacher sa nationalité politique ? Se reproche-t-on quelque chose ? De quoi a-t-on peur quand on est de la majorité et que l’on a l’armée et la police ? Une chose est sûre : les poltrons n’ont pas un grand avenir. En même temps, nous décourageons toute intolérance politique au Kasaï.

 


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