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Protection contre le VIH ou argent facile, le dilemme d’une prostituée

Dans le cadre d’une enquête sur l’accès à l’information sur le VIH/Sida à Kasumbalesa, à la frontière zambienne dans le Haut-Katanga, le hasard me conduit un jour chez Mireille, une professionnelle de sexe. Elle se montre plus coopérative et courageuse que toutes ses camarades avec qui elle travaille. Nous échangeons sans tabou.

Mireille travaille ainsi depuis une dizaine d’années, dans cette ville située à quelques 90 km de Lubumbashi, plus au Sud. La trentaine révolue, Mireille a choisi de se prostituer malgré elle. «  Se prostituer c’est être la risée de tout le monde. C’est un travail de dur labeur », confie-t-elle. Et d’expliquer, sans détour : « Je me reconnais pute, c’est un choix, face aux entraves de la vie. » Malgré les critiques, la jeune femme avance dans sa profession, sans fatalisme, veillant à sa sécurité, sur le plan sanitaire.

Gagner plus en s’exposant ou se préserver ?

Mireille témoigne être par moment confrontée à des choix difficiles, chaque jour où elle se trouve face à un client. Gagner plus d’argent en ayant des rapports sexuels sans préservatifs ? Ou alors se préserver et gagner moins en utilisant un préservatif ? Des questions qu’elle se pose.

« Il faut user de courage pour résister à la tentation », dit-elle. Certains « hommes friqués, explique-t-elle, viennent souvent ici, mettant l’argent en jeu. Ils sollicitent des rapports sexuels sans préservatif. Entre le besoin d’argent et le danger d’être atteinte du VIH, le choix est généralement difficile à opérer ». Pour Mireille, la santé passe avant toute chose : « Je préfère  gagner peu mais rester séronégative ». C’est-à-dire, sans le VIH dans le corps.

Les prostituées parlent moins du VIH mais ne cessent d’y penser

Mireille est mère de deux enfants qu’elle doit nourrir, vêtir et scolariser. Mariée à un militaire dont elle n’a plus de nouvelles depuis 2007, en âme et conscience, elle a décidé de survivre en donnant son corps contre de l’argent. Des opportunités de se remarier, elle en a eu. Mais elle a choisi de s’accrocher à sa carrière actuelle.

En RDC, Kasumbalesa est une petite ville située sur la route de l’Afrique australe. Elle a une forte prévalence du VIH et constitue un des épicentres de la pandémie dans le Haut-Katanga. Avec sa grande douane, l’argent y circule à flot, le sexe tarifé y est une activité familière. Aux heures du soir, des jeunes filles à moitié habillées s’exposent le long des grandes artères de la ville à la recherche des clients. Mais très peu parlent entre elles du VIH, même si plusieurs savent plus ou moins les dangers que représente le Sida.

 


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