[Revue de presse] Les élections en RDC impossibles même « avant la fin de 2018 »

La Commission électorale nationale indépendante de RDC devrait publier le calendrier des élections cette semaine. Son président Corneille Nangaa l’a dit aux Etats-Unis, le 5 octobre, au centre de réflexion Atlantic Council. Mais en même temps, des infos qui fuitent font état d’élections « pas avant fin de 2018 ». Une revue de presse de Didier Makal.

Corneille Nangaa a expliqué à Atlantic Council, les difficultés logistiques auxquelles fait face la Céni. Il salue tout de même l’enregistrement de 42 millions d’électeurs sur les listes électorales et l’amélioration de la situation sécuritaire dans les Kasaï, écrit le site Cas-info. A la Céni, toutefois, écrit Actualite.cd« on tempère ». « Le calendrier électoral, explique une source interne à la Céni, ne peut être publié qu’à la fin de l’évaluation entre le CNSA, la Céni et le gouvernement. On nous a proposé de la tenir du 12 au 16 octobre. On va essayer de voir. »

Elections : « pas avant fin de 2018 »

Pendant ce temps, des fuites d’informations à la Céni font état d’un calendrier qui fixe les élections « pas avant fin de 2018 ». La raison évoquée par la source de l’Agence britannique Reuters, serait « une grande méfiance entre les acteurs, en particulier les acteurs politiques », écrit Cas-Info, et le traditionnel « manque de financement ». « Si elle était confirmée, cette information pourrait exacerber encore un peu plus la tension dans le pays », prévient Cas-Info. D’autant plus que « l’opposition demande à cor et à cri les élections au plus tard le 31 décembre 2017. Sinon, une « courte transition sans Joseph Kabila » ».

« Report des élections 2017. Ceni-CNSA : décor planté ! », écrit La Prospérité. A Kisantu, dans le Kongo Central, à l’ouest de la RDC, devrait se tenir la deuxième tripartite gouvernement, Céni et Conseil national de suivi de l’Accord sur la transition (CNSA). Ce média cite « des impondérables » pour conclure au report des élections voulues en 2017 : « Le financement des élections au gré de la conjoncture actuelle, l’insécurité récurrente, la commande, la livraison et le déploiement des kits, devront constituer […] la trame des raisons qui sous-tendront le report sine die des élections 2017. »

Joseph Kabila « principal obstacle au processus électoral »

Il faut constater, avec RFI, que le délai légal de 90 jours pour convoquer le corps électoral, en perspective d’un scrutin d’ici au 31 décembre 2017, est dépassé. Mais il est possible d’aller vite, au scrutin le plus simple à organiser, par exemple : la présidentielle. RFI explique : « Les deux lois pour organiser les élections ne sont par exemple toujours pas à l’agenda de la session parlementaire en cours alors qu’on en parle depuis 2015. L’enrôlement des électeurs et le nettoyage du fichier électoral aussi sont deux opérations qui pourraient se faire en même temps plutôt que l’une après l’autre. »

Pour le Rassemblement de l’opposition, écrit Le Phare, pas de doute : Joseph Kabila est le « principal obstacle au processus électoral » en RDC. Il l’a dit au président de la Commission de l’Union africaine, Mussa Faki, lors de sa récente mission dans la capitale congolaise. Le Rassemblement propose donc le départ de Kabila, et une transition dirigée par une personnalité consensuelle, qui ne prendrait pas part aux élections. Docteur Denis Mukwege ? Il a déjà donné son « oui » à conduire la RDC aux elections.

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