Dans un espace public, la chicha exposée à la reception d'un comptoir, Kinshasa 2018, @Habari RDC
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Six dangers de la consommation de la chicha que les Kinois ignorent

Récemment, un de mes amis propose une séance chicha. Le nom est un néologisme pour moi, mes yeux innocents me trahissent et tout le monde comprend que je suis perdu. Alors on m’indique une table voisines. Et que vois-je ? Une sorte de carafe surmontée d’un brasero. Un tuyau y est connecté pour permettre à l’utilisateur d’aspirer de la vapeur. Je comprends tout de suite que j’ai affaire à un modèle de pipe 2.0.

Sans réfléchir, je réserve une fin de non-recevoir. Dans la salle, je suis pratiquement le seul à ne pas me prêter au jeu, la vapeur fuse de partout. Pour les non-avertis comme je l’étais avant, la chicha est une sorte de grande pipe à eau d’origine persane utilisée principalement en Iran et dans le monde arabe pour fumer le tabac. Tous les bars et coins chauds de Kinshasa la propose désormais, et à des prix allant de 15 à 20.000FC (entre 8 et 12$) la séance. Les Kinois sont prêts à casser leur tirelire pour s’offrir une séance entre potes.

Savent-ils les risques qu’ils encourent ? Voici les risques du péché mignon des fumeurs 2.0.

La composition de la chicha

Dans sa constitution, la chicha est faite de cinq parties : la cheminée, le bol supérieur, le corps (ou réservoir), la pipe immergée et le tuyau. Certains modèles incluent un plateau situé entre la cheminée et le bol supérieur. Le bol contient le mélange de tabac, de mélasse et d’essence de fruits. Certains mélanges ne contiennent pas de tabac et sont uniquement composés de mélasse et de pulpe de fruits.

Plus dangereuses que la cigarette

Après une recherche personnelle, j’ai fini par découvrir une chose étrange : la chicha est plus dangereuse que la cigarette. Mais pourquoi beaucoup de jeunes, même les non-fumeurs traditionnels, s’y plongent ? Certainement par ignorance, me dis-je. Et aussi en raison de la saveur délicieuse de cette vapeur. Alors je me suis décidé de répertorier six risques que courent par ces fumeurs.

 1. Inhalation exagérée de vapeur et forte dépendance

Généralement, une séance chicha ne dure pas moins de 20 minutes, contre 5 seulement pour la cigarette. Logiquement, si un fumeur ordinaire inhale entre 0,5 et 0,6 litre de fumée par séance, le « smart fumeur » lui, absorbe 2,5 litres de fumée au minimum. Une séance de chicha équivaut donc à fumer au moins 20 tiges de cigarettes. De plus, le taux de nicotine très élevé, occasionne une forte dépendance.

 2. Développement du diabète et de l’obésité

Ça, vous ne le soupçonniez pas avant. Moi non plus d’ailleurs. Consommer la chicha est un des meilleurs moyens de développer le diabète et l’obésité. Selon des chercheurs de la Brighton and Sussex Medical School, les fumeurs de chicha ont plus de risque de prendre du poids et de développer un diabète de type 2.

 3.Vecteur d’AVC et d’autres maladies cardiaques

A Kinshasa, on raconte que « tout le monde a son “AV”, il ne manque que C ». Chicha est un bon fournisseur du C, d’ailleurs c’est sa lettre initiale. Dans une étude récente menée par l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), il est prouvé qu’une seule séance de chicha a des effets négatifs sur le rythme cardiaque, la pression et la rigidité artérielles. Les résultats de cette étude ont démontré qu’une seule séance de chicha augmente la fréquence cardiaque de 16 battements par minute en moyenne. Elle augmente également les mesures de la rigidité artérielle, un facteur de risque-clé dans le développement d’affections cardiovasculaires comme la crise cardiaque et l’accident vasculaire cérébral (AVC).

 4. L’embout, siège de maladies pulmonaires

Contrairement à la cigarette, la fumée de la chicha est aspirée à l’aide d’un embout utilisé collectivement et même lorsque ce n’est pas le cas, il est très courant d’expirer pendant qu’on l’a en bouche. Il y a dès lors un risque élevé de transmission de maladies telles que la tuberculose ou l’hépatite.

 5. La chicha est cancérigène

Si au début, la chicha était présentée comme plus saine que la cigarette, les chercheurs s’accordent désormais sur le fait que fumer la chicha accroit fortement les risques de cancers du poumon, des lèvres, de la vessie et des voies aérodigestives supérieures. Une récente étude internationale publiée dans la revue scientifique BMC Public Health le confirme. Les fumeurs de chicha s’exposent également à d’importantes concentrations en métaux lourds, notamment en uranium.

 6. Risques de complication de grossesses

La chicha est particulièrement dangereuse pour les femmes enceintes. Des complications surviennent vite et peuvent conduire à des bébés présentant un poids plus faible à la naissance.

Vous êtes désormais avertis, tout ce qui brille n’est pas de l’or. La chicha est tendance, mais je vous conseille la prudence. Si jeunesse savait, vieillesse pourrait. Un homme averti, en vaut deux!

Dandjes Luyila

 

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Les commentaires récents (0)

  1. La prévention est une bonne chose. merci habarirdc.Net Ce sujet est très capital, non seulement à kin mais aussi dans les autres villes du pays(GOMA par ex) où la chicha se fume. Organiser des conférences-débats sur cela serait aussi très bien, car, cequ’ils prennent nous concerne. En tout cas, les adeptes sont prévenus.