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Kinshasa : la sous-traitance ou l’esclavage des employés congolais ?

En RDC, par abus de pouvoir, les employeurs soustraient les salaires de certains de leurs travailleurs sans raison valable. Entre insultes et humiliations, que faut-il réellement supporter pour garder son travail ?  Le mauvais traitement des employés est une réalité dans beaucoup d’activités de sous-traitance à Kinshasa.

Marié, Éric vient de sortir de l’université avec un diplôme en économie. Il s’est mis à chercher un travail avant que sa femme accouche de leur premier enfant. Le manque d’expérience a été son seul frein partout où il se rendait. Après avoir frappé aux portes de plusieurs entreprises, ce jeune marié trouve enfin une sous-traitance. Il est chargé de l’enregistrement des données dans un réseau téléphonique.

Tout a commencé par une formation d’une semaine, avant qu’il découvre le planning du travail. Trois vacations disponibles, Éric a le libre choix. Il signe un contrat de travail pour 170 dollars américain de salaire mensuel.

Mais le travail d’Eric est immense : 900 documents à enregistrer par jour, soit 128 par heure. Certes, le jeune homme est talentueux, mais il lui est arrivé de traiter trois dossiers avec des erreurs. Pour cela, Il écope de trois jours d’absence, bien que présent physiquement. Et pour un retard de 5 minutes, ce nouveau travailleur n’a droit qu’à une demi-journée qui sous-entend une soustraction de salaire. À la paie, tous les retards cumulés, Eric a vu 40$ être retranchés de son salaire.

Les mois suivants, les choses ont pris une autre tournure. Un de ses collègues a été limogé sans raison. À cela s’ajoutent des démissions enregistrées dans la semaine pour cause de stress, insultes et menaces. Cette situation a créé une réduction des effectifs du personnel et le volume du travail s’est accru pour Eric. Mais les heures supplémentaires ne sont pas comptabilisées ; plus grave, le réseau exige qu’il respecte le quota des documents : des cent de documents à enregistrer par jour.

Les efforts d’Eric ne lui ont servi à rien. Il a été renvoyé de son travail. Voilà deux mois qu’il attend d’être réhabilité, mais en vain.

Loi sur la sous-traitance en RDC, qu’en avons-nous fait ?

Il existe bel et bien la loi 17/001 du 8 février 2017 portant règles applicables à la sous-traitance dans le secteur privé en RDC. C’est son application qui pose problème. A qui profitent ses avantages ? Lors de la 50e réunion du conseil des ministres du vendredi 25 septembre, le chef de l’État, Felix Tshisekedi, a décidé de faire jouer à l’ARST pleinement son rôle en la dotant de moyens pour la réalisation de ses missions.

Hélas, cette loi sur la sous-traitance souffre de son application. Très chères autorités, pensez-y s’il vous plaît. Les travailleurs congolais ne doivent pas être traités comme des esclaves dans leur pays.

 

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