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#ChoixNaNga : ce n’est pas la stérilité, c’est nous qui l’avons voulu ainsi !

Je pense que nos familles feraient mieux d’arrêter de s’ingérer dans les affaires de nos mariages. Un couple peut faire certains choix sur son avenir par rapport à la conjoncture ou à la situation qu’il traverse. Cela ne devrait pas devenir un problème pour les parents et les autres membres de nos familles.

Je vous partage ici le calvaire que j’ai vécu dans mon propre mariage. En 2014, ma femme a mis au monde notre deuxième enfant : une jolie petite fille à qui j’ai donné le nom de ma mère. Mais la même année, j’ai perdu mon emploi. Je travaillais dans une banque. Mon contrat était arrivé à terme. J’ai ensuite trouvé un autre boulot, mais pour un maigre salaire. Face à cette situation, il me fallait réduire le train de vie de notre couple pour nous adapter à la conjoncture.

Stoppons momentanément les naissances

Ma femme et moi, avons donc convenu d’arrêter momentanément les naissances. Je lui ai fait comprendre que nous devons utiliser le peu de revenus disponibles pour mieux élever les deux enfants que nous avons, subvenir à leurs besoins et non ajouter des grossesses pour augmenter le nombre d’enfants. « C’est une excellente idée chéri », m’a-t-elle dit. Pour cela, un médecin lui a prescrit un contraceptif à utiliser. Cela nous a permis d’éviter les grossesses non désirées.

Mais en 2018, soit 4 ans après notre décision, ma famille a commencé à s’agiter. Ma mère m’a posé la question : « Mon fils, jusque-là tu n’as eu que deux enfants. Et les années passent. Il y a un problème ? » J’ai dit : « Aucun problème, maman. Tout va bien ! » L’argument de maman est que, puisque je suis son unique fils, je dois avoir beaucoup d’enfants pour agrandir la famille.

Convocations et demandes d’explication

Quelques jours après, ma femme est convoquée par ma grande sœur pour s’expliquer. « Comment se peut-il que tu fasses quatre ans sans un nouvel enfant, c’est anormal ! Tu es stérile ? En plus, depuis que tu es là, mon frère a perdu son emploi à la banque ! », lui a-t-elle dit en fulminant. D’habitude ma femme est gentille, mais parfois elle ne badine pas quand elle veut répondre. Elle a répliqué : « Hé ! C’est ma vie privée avec mon mari ! En quoi ça te regarde ? » Voilà. Elles se sont séparées en queue de poisson. Ma grande sœur n’a pas supporté cette réponse.

Plus tard, c’est moi qui ai été convoqué dans ma belle famille. Ça devenait carrément du harcèlement. Ma belle mère est allée jusqu’à insinuer que je serais devenu impuissant. Ho là là ! Personne ne croyait notre version des faits, à savoir que c’est nous-mêmes qui avons suspendu les naissances en utilisant des contraceptifs.

Ma belle mère a même osé me dire : « Mon fils, si tu as un problème au lit, dis-le on peut t’aider. J’ai des amies qui connaissent des plantes… » J’ai simplement rigolé.

Plus grave, ma propre mère est allée soumettre notre cas pour intercession à son église. Elle croyait que mon mariage est frappé par un mauvais sort. A ma grande surprise, j’ai vu débarquer chez moi un soir un groupe de femmes d’un certain âge soi-disant qu’elles étaient venues prier « pour que Dieu débloque mes naissances bloquées ». Je les ai tout simplement chassées.

Quand nous avons décidé d’avoir un enfant, nous l’avons eu

En 2019, j’ai eu un nouvel emploi dans une ONG. C’est là que je travaille jusqu’à aujourd’hui. Mon revenu s’est considérablement amélioré. Je touche un salaire presque égal à celui que j’avais quand je travaillais à la banque. C’est alors que ma femme a souhaité que nous puissions avoir un troisième enfant. Et nous l’avons eu en août 2020. Encore une jolie fille ! Et vous savez quoi ? Ma mère est venue chez-moi en courant disant que Dieu a guéri notre stérilité grâce à ses prières…

Formidable !

Si vous avez des questions sur la contraception, rendez-vous au centre MSI sis 48, avenue Lobo, quartier Mbamu, Kingabwa Point chaud, Limeté à Kinshasa.

 

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