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Vente du maïs : les « Diamanyi » affament Mbujimayi

Le prix du maïs, aliment de base à Mbujimayi, n’est plus à la portée de petites bourses. En l’espace de quelques jours, la mesure est passée de 2000 à 4000 francs congolais dans certains marchés, soit le double. À l’origine, la forte spéculation entretenue par les intermédiaires commerciaux communément appelés « Diamanyi ».

 

4000 FC pour une mesure de maïs à Mbujimayi, soit environ 3$, c’est inacceptable. Les « Diamanyi » constituent un véritable poison dans le secteur alimentaire dans cette ville. Ce sont eux qui font la loi en ce qui concerne la vente du maïs. La hausse ou la baisse du prix de cette céréale dépend de leur bon vouloir. Le phénomène dure depuis des décennies. Tous les efforts des autorités pour mettre les « Diamanyi » hors d’état de nuire ont échoué jusqu’à présent. Ce qui fait dire à certains que nos autorités sont plutôt faibles devant ces « pirates » des marchés.

Créer volontairement la rareté du maïs sur le marché

 Les « Diamany » utilisent différentes stratégies pour gagner toujours plus d’argent dans la vente du maïs. L’une d’entre elle est de faire de la rétention de stock pour créer la rareté du maïs sur le marché afin de revendre leur réserve plus tard à un prix beaucoup plus élever et en tirer de gros bénéfices.

Souvent, ils réduisent sensiblement la taille du pot de maïs en vue d’épargner quelques graines. Ils font aussi payer aux consommateurs une taxe illégale de 50 FC appelée « l’eau » sur chaque mesure vendue. D’autres commerçants véreux recourent à la même pratique. Ils peuvent cacher leurs stocks de maïs pendant plusieurs semaines et attendre la période de soudure pour faire de la spéculation et gagner beaucoup d’argent. Cette situation est aggravée par la dépréciation du franc congolais face au dollar américain.

Les autorités combattent le phénomène tant bien que mal

Cette hausse des prix ne permet pas à la population de faire ses provisions comme d’habitude. Du coup, la vie devient intenable à Mbujimayi. Beaucoup n’arrivent même plus à avoir suffisamment de nourriture pour la journée. Cela a pour conséquence, la malnutrition et la sous alimentation de certains. En plus, la production de maïs risque de ne pas être suffisante cette année en raison du fait que bon nombre de villages et de sites de production ont été durement frappés par les violences des Kamwina Nsapu. Beaucoup de paysans se sont refugiés en forêt et ont abandonnés leurs cultures.

 Agacé par cette hausse du prix du maïs liée au phénomène « Diamanyi », le gouvernement provincial sensibilise les commerçants à mettre fin à ce phénomène. Certains de ces spéculateurs  ont été interpelés par les services de sécurité et leurs entrepôts de maïs fermés. Malgré tout, ils défient les autorités et continuent à œuvrer en clandestinité.

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