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Violences sexuelles en RDC : le calvaire de la petite Sandra

Enfants, adolescents ou adultes, aucune tranche d’âge n’est à l’abri de ce fléau qui peine à être éradiqué en RDC. Si au niveau légal, des avancées sont signalées, dans la société les survivantes de violences sexuelles sont encore sujettes à des stigmatisations qui ne facilitent pas la dénonciation.

Sandra (nom d’emprunt), la vingtaine révolue, était la préférée de Papy (nom d’emprunt), collègue de sa mère, depuis ses 12 ans. Très proche de la famille, Papy a trouvé en la petite Sandra une victime parfaite pour assouvir ses désirs sexuels. A chacune de ses visites, le bourreau se plaisait à porter la petite sur ses genoux, une position idéale pour son forfait. En deux temps trois mouvements, l’homme pervers introduisait son doigt dans l’appareil génital de la petite fille pleine d’innocence sans que personne ne développe le moindre soupçon. Le calvaire aura duré trois ans, jusqu’au jour où l’apprenti pédophile est pris en flagrant délit. Ce jour-là, Sandra est sous la douche alors que sa mère et une de ses sœurs s’occupent de la cuisine.

L’homme pervers feint un tour aux installations sanitaires pour atterrir dans la salle où se baigne sa proie. Celle-ci, tente sans succès de crier au voleur. Elle n’a que 15 ans et ne peut rien face à un homme aux mots convaincants : « Je ne te veux aucun mal. Pas besoin de crier ou de déranger les autres, écartes juste tes jambes et laisses moi faire. Ne crie pas, fais-moi confiance. Après tout, je suis ton ami, n’est-ce pas ? » Sa ruse réussit, la gamine fait confiance.

Le bourreau, rassuré, y va de toutes ses forces avec son doigt pour commettre son énième forfait, le dernier mais le plus douloureux pour Sandra. Personne ne soupçonne rien, Papy est presque de la famille et même quand il se rend dans les installations sanitaires, on a confiance.

Que s’est-il passé par la suite ?

Cinq ans durant, Sandra a souffert de traumas liés à ce viol. Les hommes la dégouttaient et les souvenirs de son bourreau hantaient son esprit. « Il m’était presqu’impossible de supporter un homme. Ma première relation amoureuse s’est rompue parce que j’avais des réactions bizarres au moindre attouchement de mon amoureux. C’était ainsi jusqu’à mes 20 ans à ma rencontre avec Raphaël », se souvient-elle encore aujourd’hui.

« Je vis avec cette douleur », raconte-t-elle. Malgré sa peine, elle a décidé de se taire pour protéger sa dignité et éviter d’être la risée de plusieurs. Voilà la terrible solution de la majorité des survivantes de viols en RDC : se taire, faire semblant, tout étant rongée de l’intérieur.

Que dit la médecine ?

Sandra s’est finalement résolue d’accepter la réalité: elle n’est plus vierge. Médicalement, le dépucelage au doigt est possible. Dr Jonathan Kalala, médecin à Kinshasa, précise que cela dépend de l’âge de la fille. « Pour une petite fille, un doigt peut rompre l’hymen. Mais pour un adulte, cela dépend de la position de l’hymen, mais aussi de la taille du doigt et la force utilisée dans l’intromission », explique Dr Kalala Jonathan.

Hypothèse corroboré par un article de Passeport santé. Selon ce site spécialisé dans l’information sanitaire, introduire un doigt dans son vagin peut déchirer l’hymen. C’est donc possible d’avoir un hymen déchiré tout en étant vierge (en n’ayant eu aucun rapport sexuel). En utilisant un tampon, ou tout simplement en introduisant un doigt dans son vagin durant la toute petite enfance, on peut se déflorer et cela peut être sans aucun souvenir, fruit d’un geste anodin.

Cependant, Dr Francis Kabasubabo de l’Hôpital de référence de Matete rappelle qu’on ne peut parler de défloration qu’en cas d’absence de l’hymen. « Dans un cas, on peut utiliser le doigt et provoquer un saignement. L’hymen qui déclare la virginité d’une fille est juste une fine membrane. Un traumatisme fréquent peut amener à sa perte. Toutefois, il revient au médecin de confirmer », précise-t-il.

 

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