article comment count is: 7

Vomi hier, réclamé aujourd’hui, Lambert Mende à nouveau porte-parole ?

En moins d’un an, le ministre de la Communication et des Médias, Jolino Makelele est considéré comme le moins efficace du gouvernement Ilunkamba. Surtout en tant que porte-parole de l’exécutif. Pour le remplacer, Lambert Mende est appelé de tous les vœux. Avant d’y arriver, une analyse s’impose sur les dessous de l’échec de son successeur.

En un peu plus de 12 ans, Lambert Mende a incarné les fonctions de porte-parole du gouvernement de la République démocratique du Congo, si bien que son image, ses accents, ses périodes, ses ambiguïtés lexicales hantent le poste. Jadis dénoncé comme premier chantre du régime de Kabila, sa réthorique manque déjà aux Congolais qui jugent mou son successeur Jolino Makelele. Ce dernier a du souci à se faire puisque Lambert Mende s’est dit favorable à retrouver le porte-parolat s’il était rappelé.

Jolino Makelele, un porte-parole en deçà de la moyenne ?

Des deux choses, l’une. Ou c’est l’ancien porte-parole du parti Union pour la nation de Vital Kamerhe qui n’est pas compétent, ou bien c’est son prédécesseur qui avait placé la barre très haut. Pour la plupart des observateurs, la seconde assertion est la plus plausible. Avant d’être nommé porte-parole au gouvernement Gizenga en 2008, Mende a été rapporteur au Sénat, vice-Premier ministre des Transports et Voies de communication, ministre des Hydrocarbures et pas seulement. En dehors de son éloquence, c’est un homme politique éprouvé, habitué des réunions du gouvernement, des défis de politique intérieure et de géopolitique. A contrario, Jolino Makelele est un apprenti qui n’a que sa science comme expérience.

Mais il faut parfois que cette comparaison aille au-delà des deux hommes afin de considérer les enjeux dans les deux régimes. Amené à réagir aux critiques portées contre son successeur, Lambert Mende a refusé notamment de mettre sur la balance leurs méthodes respectives de communication. Alors que Jolino « est » ou « s’est » réduit à la tâche de lecteur de messe, rarement dans les médias et qui n’a jamais commenté l’actualité du pays. Son aîné répondait amplement à toutes les questions, animait un point de presse hebdomadaire et s’improvisait parfois porte-parole du président de l’époque, Joseph Kabila. Tout cela ne vient pas du hasard. Le contexte y est pour beaucoup.

Les régimes et les contextes ont changé

D’une part, Mende servait un chef d’Etat qui faisait rarement des sorties médiatiques et donc, il n’y avait aucun risque de collision. Du côté de Jolino, il est dans un exécutif de cohabitation. Cette nuance n’est pas banale. Sachant que la coalition gouvernementale actuelle à Kinshasa représente un cocktail discordant, il y a ouvertement beaucoup de crocs-en-jambe entre ses membres qui divergent sur les intérêts.

Issu du Cap pour le changement de Tshisekedi et Kamerhe, rien ne rassure que Jolino ait carte blanche sur des titres qui concernent tous les portefeuilles, alors que 65% d’entre eux sont tenus par le camp rival du Front commun pour le Congo. A-t-il accès à toutes les données pour affronter la presse sur les questions de défense, de finances, sur la fonction publique… ? Il y a lieu de douter. Or, au risque de tenir un discours vide de contenu et tomber dans le ridicule, le ministre peut s’abstenir.

Jolino privé de marge de manœuvre

Ce n’est pas tout. En août 2019, lorsqu’il est nommé, les rapports entre l’UDPS de Tshisekedi et l’UNC de son directeur de cabinet et allié Kamerhe ne sont pas au beau fixe. Il y a à croire qu’il est nommé à ce poste par simple arrangement politique sans qu’il ne bénéficie de la confiance ni du chef de l’Etat ni du Premier ministre. S’il en est ainsi, sa marge de manœuvre est trop réduite.

La perspective d’un retour aux affaires du sexagénaire Lambert Mende fait rêver. Mais, si la rue l’a demandé à Tshisekedi, c’est que la base de son parti politique estime que son gouvernement manque un homme qui prenne sa défense sur la place publique. Mende est l’oiseau rare pour nous. Pourvu qu’il ne devienne gênant pour un raïs Kabila trop présent dans les médias. Or, le background de Mende fait qu’on ne peut le museler au point d’en faire un simple lecteur des comptes-rendus des réunions du gouvernement.

 

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion

Les commentaires récents (7)

  1. Je ne crois pas que ça soit une bonne idée de faire revenir Mende comme porte parole du gouvernement. Si le régime Joseph Kabila était impopulaire c’était entre autres à cause de Mende. Que fatshi ne commette pas cette erreur la de le récupérer ! Oublions ce Mende la et son comportement anti peuple. Il défendait même l’indefendable. Autres temps autres mœurs!

  2. Votre organe est en passe de se confirmer dans l’opinion comme source d’information fiable de la masse. Il est de toute utilité qu’un respect minimum soit accordé à vos lecteurs qui ne sont pas que des militants.
    Mr Lambert qui a passé plus de 12 ans à la tête du ministère de l’information pour désinformer son peuple qu’il était censé servir, sans la moindre condescendance et n’ayant de vue que pour servir un homme. Meme au prix du mépris national et international cet homme a accepté de MENTIR de la manière la plus abjecte.
    Par respect pour votre Établissement faites comprendre aux uns et aux autres que la manière de dire une chose est tout aussi importante que la chose elle-même queblon doit dire c’est vrai. Mais l’honneur de servir son peuple ne réside pas dans la manière de dire. Il faut DU RESPECT.
    cet homme a été vil