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Ce que vous devez faire pour être un vrai Kinois

J’ai visité plusieurs villes et capitales en Afrique et ailleurs. Mais Kinshasa c’est différent. Je n’arrive pas à m’adapter au mode de vie frénétique et dévergondé dans la capitale congolaise.

En réalité, je connais un peu Kinshasa, pour y avoir vécu près de 8 ans de suite. D’abord à Bandal, ensuite à Kalamu, puis à Barumbu. Et même si je n’habite plus à Kinshasa, mais presque tous les deux ou trois mois j’y séjourne pour différentes missions de service. Malheureusement, je m’y sens toujours étranger, et je suis traité comme tel.

Partisan du luxe

Être un bon Kinois c’est d’abord parler un bon lingala, mais aussi et surtout avoir du courage dans tous les sens du terme : courage de travailler, de bricoler, de mentir, de voler et de créer des scandales. Le Kinois aime vivre au dessus de ses moyens. Manger, s’habiller, paraître plus que ne le permet son salaire. Nous autres mbokatiers (villageois), nous n’avons pas un tel courage.

Un Kinois se présente rarement avec son nom congolais. Je ne sais pas pourquoi. Si vous lui demandez comment vous vous appelez, il vous répondra simplement : « Laurent », « Annie », « Pablo », « Eunice »… Et c’est tout.

La rumba congolaise

Autre chose : j’ai constaté que Kinshasa est une ville dont les habitants subissent une forte influence de la musique. Par l’habillement, le langage, etc. Tout le monde est danseur. J’ai eu l’impression qu’il y a trop de programmes de musique à la télévision. Et lorsque des stars comme Fally Ipupa osent apparaitre à la télévision crâne rasé, avec une longue et abondante barbe comme Abraham, le lendemain tous les Kinois, jeunes et vieux, auront la tête rasée et rivaliseront de barbes abondantes. Même des pasteurs dans les églises le font. Personnellement je ne peux pas faire ça, voilà pourquoi ils m’appellent bien une espèce de mbokatier (villageois).

Personne n’attend personne

À Dakar ou à Bamako, j’ai vu que tous les véhicules pouvaient s’arrêter parce qu’un troupeau de moutons traverse la chaussée. À Kinshasa personne ne s’arrête. Personne n’attend. Véhicules, motos-taxis et chariots se tutoient et se bousculent. Le chauffeur prend même le sens interdit, sous l’œil impuissant des policiers de roulage. Osez le lui reprocher, il vous insultera. Pour eux, frauder comme cela c’est être vrai Djo (être éveillé !) Ils brûlent les feux rouges en rigolant. Et ils font des accidents bêtes.

J’ai souvent peur des chauffeurs de transport en commun à Kinshasa. Surtout ceux qui conduisent les mini-bus dénommés « esprit de mort ». Beaucoup conduisent en état d’ébriété. Certains ont une coiffure terrible, et ils sont toujours menaçants.

Pas besoin de ponts, ils se disputent la chaussée avec les véhicules

Kinshasa c’est 12 millions d’habitants. Sur le boulevard Lumumba, l’ancien président Joseph Kabila a fait construire des passerelles aériennes pour faciliter la traversée de la chaussée, mais les piétons ne les utilisent pas. Ils préfèrent marcher sur la chaussée, créant des embouteillages inutiles. Mais ils sont prêts à vous insulter si vous leur dites un mot. Ils vous regardent de haut-en-bas et font « mtsuuu ! »

Un lingala compliqué pour mentir

Une chose est sûre : les Kinois aiment bien leur langue : le lingala. Ils le parlent avec fierté et se foutent du français et de l’anglais. Mais ce n’est pas le lingala qu’on parle à l’église. C’est plutôt une déformation de plusieurs langues à la fois : anglais, français, et quelques langues nationales. Les receveurs ont leur terminologie dont il vous faut être initiés pour saisir le sens.

Avec un lingala fignolé, un Kinois même s’il ne connaît rien, il vous fera croire qu’il en sait plus que Dieu au ciel ! À Kinshasa on dit des Baluba qu’ils sont vantards. Pourtant, à mon avis, il n’y a pas plus grand vantard qu’un Kinois. Habillé en veste et chaussures empruntées, il peut vous raconter poto ou mikili (Europe) avec une telle précision et une telle persuasion, alors qu’il n’y a jamais mis le pied.

La suite de ce billet au prochain numéro.

Ali Kadi

 

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Les commentaires récents (7)

  1. kiekiekiekie!!! lol ils sont vantard ces hommes vraiment ; mais cela ne contribue à rien au développement national qui demande une union pour qu’en fin le pays soit au plus haut niveau.

  2. Tu dépeints un tableau bien peu reluisant du kinois. On dirait que tu n’as vu en lui que de la noirceur. Dommage que tu n’aies pas entrevue la lumière, la joie de vivre , l’hospitalité, la convivialité et l’esprit de pardon qui brille dans son cœur. Mais chacun voit ce qu’il a envie de voir.

    1. Franchement ta description de Kinshasa et desi kinois montre que tu est vraiment un vrai mbokatier comme tu le dis parce-que tu vois que les mauvais côté des kinois comme tout les autres dans le pays,mais au fond de vous vous savais que les kinois sont cool et brillant