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Evangile de Saint Fatshi : les promesses n’engagent que ceux qui y croient

Arrivé au pouvoir à la suite du premier « passage civilisé de flambeau » entre un président sortant et un entrant en RDC, Félix Tshisekedi a suscité de gros espoirs. Le peuple qui n’en pouvait plus de plusieurs années de règne sans partage de Joseph Kabila, a vu en celui qui incarne désormais le visage de l’alternance, un « Messi ». Mais dix mois après son arrivée au pouvoir, voyons ce qu’on a pu avoir de toutes les promesses présidentielles.

La première des choses qui frappe, selon moi c’est ce refus du président Félix Tshisekedi de fouiner dans le passé de ses prédécesseurs. Oubliez donc la rétribution, et la justice ? Le nouveau président a tout de même multiplié des actions, à travers son programme d’urgence, visant à panser les plaies causées par l’ancien régime.

Lancement de grands travaux comme la construction des sauts-de-mouton à Kinshasa, construction de plusieurs écoles à travers le pays… Et même la réhabilitation de plusieurs hôpitaux dans les camps militaires. A ceci s’ajoute la gratuité de l’enseignement qui, selon les données de la Nouvelle société civile congolaise, a permis à plus de 3,5 millions d’enfants de reprendre le chemin de l’école. Autant de projets qui incarnent la rupture avec l’ancien régime.

Une série de  promesses non tenues

L’ère Fatshi se caractérise également par une série d’atteintes aux lois de la République. Les marchés de gré à gré ne respectant aucune procédure légale. Et la violation de la Constitution par certains gouverneurs des provinces qui nomment des bourgmestres sous le regard complice du président. On n’oubliera pas les enquêtes qui ne aboutissent jamais comme par le passé récent que plusieurs voudraient pourtant oublier.

Des exemples flagrants ! Des promesses non tenues ne se comptent plus. Les employés des expatriés libanais et indiens continuent de souffrir malgré la promesse du président de s’impliquer pour améliorer leur sort. Des centaines de crimes commis au Congo restent impunis. Et la justice elle-même, le cas de la Cour constitutionnelle dans plusieurs affaires dont celle des mandats des députés, figure parmi les violeurs des lois de la République.

Autres promesses non tenues : faire de la presse un véritable quatrième pouvoir, alors que des médias viennent encore d’être fermés et des journalistes agressés. Tout en observant une baisse d’atteintes à la liberté de la presse, le rapport annuel de Journalistes en danger recense 30 cas de censures, 24 agressions de journalistes ainsi que 11 arrestations de journalistes depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir.

Également, le pouvoir de Félix Tshisekedi a savamment maintenu plusieurs décisions controversées de l’ancien système au détriment des citoyens. Le prix exorbitant du passeport ou encore les multiples taxes sur le billet d’avion.

Les situations atténuantes

« Fatshi béton », comme ses fans l’appellent, ne peut pas encore déboulonner l’ancien système, comme il l’a promis. Les anciens dignitaires se montrent encore plus puissants, et parfois plus menaçants. Et le risque d’affrontements violents, comme le montrent les tensions récentes entre le PPRD et l’UDPS à Kolwezi et à Kinshasa le prouvent.

In fine, le président a le choix entre privilégier sa coalition avec le FCC ou réformer le système judiciaire congolais. Fatshi ne devrait pas oublier que 2023 approche, la course à la présidentielle a déjà commencé. Nous, on attend de voir que ce slogan de son parti se concrétise : « Le peuple d’abord. »

 

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Les commentaires récents (1)

  1. Je trouve que le papier est vraiment intéressant…: et je crois que avec le temps toute les promesses non réalisées seront correctement réalisées « fashit beton »