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Femme présidente de la RDC, ils ne voteront pas pour elle !

Combien sont-ils, les Congolais qui attendent le changement en République démocratique du Congo ? Des millions, c’est sûr. Sauf que pour ce changement, lorsqu’il faut mettre une femme à la tête de l’immense RDC, là commencent les problèmes. Dans cet article, je vous invite à relire certaines réactions, parfois des clichés, pour ou contre la perspective d’une femme présidente de la République en RDC.

« Le prochain président de la RDC devrait être une femme. » Cette phrase de Monique Mukuna, une femme pas très connue des Congolais, est celle qui a fait jaser sur la page Facebook de Habari RDC, la blogosphère congolaise. Pas de misogynie, pas non plus de féminisme battant ici. Mais voyons simplement ces réactions comme un thermomètre pour comprendre la complexité du système politique et social congolais.

« Nous ne sommes pas prêts pour une présidente de la RDC »

Nous nous limiterons à trois catégories de prise de position auxquelles répondent les 239 commentaires suscités par ce texte. La première est clairement exprimée : la RDC n’est pas prête pour une femme chef de l’Etat. Giresse Kimba y voit d’ailleurs une « aventure ». « On n’est pas encore prêt pour une aventure pareille Madame, interpelle-t-il Monique Mukuna. Une femme à la magistrature suprême, je ne vous y vois pas Madame. Mais, essayez quand-même. Qui suis-je pour vous en dissuader ? Nous avons tous droit à une aventure, après tout. »

Un scepticisme bien huilé par le constat de l’internaute Ismaël Tshibangu pour qui « les grandes puissances n’ont jamais été dirigées par la femme… » Et que dire de « la RDC qui est encore fragile ? », interroge-t-il. Un autre internaute se montre un peu plus provocateur : « Les femmes congolaises n’en n’ont pas l’envergure. Elles doivent prouver par leurs actions qu’elles en ont la capacité », avance Patrick Lubambula, sans trop expliquer ce qu’il veut dire.

Peut-être aussi la femme devrait-elle montrer sa maternité pour prouver sa capacité à gouverner. C’est à cette condition que la jeune Gloire Monga lui donnerait sa voix. Les célibataires, et les sans enfants par exemple, ne rassurent pas dans certains pays, comme dirigeants ! Au final, on retiendra avec Plein De Grace Phanzu que « donner l’opportunité à une femme de briguer la magistrature suprême en RDC, cela ne doit pas être un privilège », ça se mérite.

Est-ce l’orgueil masculin qui motive les réactions des internautes ?

Deuxième leçon à tirer : l’orgueil masculin. Il est à l’origine de nombreuses résistances à l’idée de voir une femme présidente de la RDC. Pourtant, les femmes comme Meta Ndomba constatent bien l’échec de la gouvernance par les hommes en 57 ans d’indépendance de la RDC : « Si les hommes sont incapables de diriger le pays, accordons la chance aux femmes. » Mais elle croise le « N.O.N » catégorique de Guillain. « Totalement impossible » qu’une femme dirige sa RDC. Et d’ajouter : « Nous avons encore des hommes forts, intellectuels et compétents. Pas la femme. » Reconnaissons là le véritable orgueil masculin. Des femmes plus fortes que les hommes existent aussi !

Parfois excédées, des femmes haussent le ton, furieuses comme Lavodie Ramazani « Vous voulez trop effacer la femme pour paraître. Vous oubliez que sans la femme vous ne paraitrez (sic) jamais… »

Passons. Dernière catégorie de prise de position : les hommes et les femmes pondérés.

Beaucoup de Congolais croient encore en la femme !

La bonne nouvelle, c’est peut-être que certains filles comme garçons, croient en la femme. Mieux, des femmes capables ! « Il y a des pays aussi [où] des femmes sont des présidentes », rappelle Blanda Omopene, invitant les hommes à montrer ce qu’ils ont fait d’extraordinaire en RDC. « La question du sexe ne devrait pas faire débat si nous étions dans un pays sérieux », considère JM Mangangu. La seule question qui vaille c’est la compétence « intellectuelle et morale » des dirigeants.

Pour Antoine Kizya Bin Juma, « femme ou homme, le peuple congolais a besoin du renouvellement de toute la classe politique ». C’est l’essentiel. Raymond Potar, quant à lui, croit que « les femmes sont l’avenir de l’Afrique, du Congo et même du monde… »

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