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Rosine, cette fillette saine, née d’une mère séropositive

Environ 10% des femmes enceintes inscrites aux consultations prénatales dans certaines aires de santé dans la province du Tanganyika sont testées positives au VIH. Esther est l’une d’elles. Il y a huit ans, elle donnait naissance à Rosine.

Esther et son mari étaient séronégatifs lors des tests prénuptiaux. Plus tard, le mari a contracté le virus suite à une infidélité et l’a transmis à sa femme. Huit ans après le mariage, Esther découvre le changement de son état sérologique. Elle était bouleversée. Et quand elle est tombée enceinte, elle ne jurait que par la protection de son bébé.

Mère séropositive, fille séronégative

Grâce aux orientations d’une voisine, elle a bénéficié d’un suivi médical dans une aire de santé disposant d’un service de prise en charge des personnes vivant avec le VIH.

« En apprenant mon état sérologique en pleine grossesse, j’étais convaincue que moi et mon bébé allions mourir. J’étais abattue et dégoutée de la vie », témoigne Esther. Heureusement, les médecins ont su l’assister.

« J’ai repris espoir de vivre lorsque les médecins m’ont rassuré que mon bébé pourrait naitre séronégatif et que je pourrais vivre normalement grâce aux ARV. C’était un soulagement ! Aujourd’hui, j’ai une belle petite fille de cinq ans, sans VIH », se réjouit Esther. Son mari est mort il y a deux ans..

Mère séropositive, comment protéger le bébé ?

La prise des ARV réduit le risque de transmission du VIH par l’allaitement sur une période de douze mois. Pédiatre dans une clinique de Kalemie, Dr Félix affirme qu’il est possible de respecter les six mois d’exclusivité du lait maternel, même pour une mère séropositive. Il explique : « Un enfant issu d’une mère PVV est protégé du VIH lors de l’accouchement. Et pendant sa croissance, la mère PVV sous antirétroviraux peut allaiter son bébé sur une période de douze mois. Les ARV peuvent être administrés soit à la mère, soit à son enfant sur la période d’allaitement. Ainsi il est possible de nourrir son bébé au sein sans risque de lui transmettre le VIH, [mais il faut que ce soit] sous ARV. »

Notre pédiatre recommande aux mères vivant avec le VIH d’allaiter leurs bébés jusqu’à douze mois et pas plus. « La différence entre les mères séropositives et celles qui ne le sont pas, ce que les séropositives doivent arrêter  d’allaiter à douze mois et les autres doivent aller jusqu’à vingt-quatre mois, voire plus. »

Crise sanitaire et sécuritaire, obstacle aux réponses contre le VIH

Pour le ministre provincial de la Santé du Tanganyika, les conflits armés et l’avènement  de la Covid-19 compliquent la riposte contre le VIH à travers la province. Dr Natacha Mulangi Mpundu explique : « La lutte contre le VIH ne peut être efficace avec les conflits armés dans les zones touchées. Les populations sont victimes de l’indisponibilité de services de soins et d’accompagnement. La pandémie de la Covid-19 est venue affecter l’approvisionnement en intrants ».

Ainsi, la lutte contre le VIH passe par le renforcement d’une réponse participative et communautaire en RDC pour un objectif zéro infection liée au VIH, zéro discrimination, zéro stigmatisation.

 

 

 

« Cet article est écrit avec l’appui technique d’Internews, grâce au financement de la coopération suédoise, l’USAID et la coopération suisse.  Les opinions partagées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI), de l’USAID, la coopération suisse, ainsi que des gouvernements suédois, des États-Unis et suisse. »

 

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