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Internet coupé en RDC, que souhaitent dissimuler les autorités ?

Les dionysiens, les disciples de Dionysos, le dieu grec du vin et de l’alcool connaissent bien le dicton « une pour la route ». C’est le dernier verre que l’on prend avant de rentrer à la maison. Les dirigeants congolais eux semblent plutôt être les disciples d’Epiméthée, le dieu de l’étourderie et de la bêtise. Vingt-quatre heures après les élections, ils voulaient une dernière « erreur pour la route ». Après 17 ans, une dernière atteinte aux droits fondamentaux n’a pas manqué de les tenter et ils ont coupé internet.

Nul ne se doute que la coupure de internet n’est en soit qu’une tentative de cacher quelque chose à la population congolaise au lendemain des élections. Nous avons tous vu que depuis la fin des élections les témoins et observateurs partageaient les résultats bureau de vote, par bureau de vote. C’est cela même la « transparence » dont il est question quand on parle des élections comme le veut la Commission électorale nationale indépendante.

Cette coupure d’internet était sans nul doute pour empêcher cela. Et les autorités n’en sont pas à leur coup d’essai. Lorsqu’elles craignent de fortes tensions, ils mettent internet au pas. C’est à se demander cette fois, ce que nos dirigeants pourraient bien craindre. La seule explication semble bien être la suivante : une manœuvre pour obscurcir le processus électoral.

Tout pour empêcher la communication entre citoyens

Le processus électoral en cours était sous une étroite surveillance citoyenne. L’église catholique a déployé plus de 40 000 témoins sur le terrain et la Synergie des missions d’observation citoyenne des élections (SYMOCEL) en avait mis 20 000 sur le terrain. Puis les partis politiques de l’opposition et même ceux du FCC ont envoyé les leurs. D’ailleurs l’équipe de Shadary s’est vantée d’en avoir déployé un million.

Du coup les PV et les résultats du dépouillement dans un certain nombre de bureaux de vote se sont facilement retrouvés sur le net. C’est là que le gouvernement a coupé internet. Mais ce n’est pas une action subite.  Empêcher la communication entre citoyens était un plan bien prémédité. Quelques semaines avant les élections le gouvernement congolais a majoré leurs forfaits, imposés des taxes que les sociétés de télécommunication payent, ce qui a eu pour conséquence la suppression des SMS, ces messageries qui permettraient les communications faciles entre individus.

Avec un demi-dollar américain on pouvait activer jusque 500 SMS et donc communiquer des résultats à un grand nombre de personnes. Le gouvernement a fait arrêter ces forfaits. Heureusement qu’internet restait, et avec lui les réseaux sociaux. Le soir même du jour des élections, les résultats de centaines de bureaux de votes circulaient déjà. Le lendemain les Congolais ont reçu un message des opérateurs disant que « sous instruction des autorités internet serait coupé pour une durée indéterminée ».

La nuit les sorciers tiennent leurs officines

Déjà que le gouvernement faisait office d’équipe de campagne de Shadary, il l’avait même dit lui-même, on ne peut que penser que cette décision à pour visée de protéger leur candidat. D’ailleurs le FCC a dit s’abstenir de partager des résultats avant que le Céni ne le fasse. Plus d’un Congolais a vu que les résultats qui circulaient donnaient les opposants gagnants loin devant Shadary qui venait souvent en troisième position. Pas besoin d’être un génie pour comprendre que cela a dû faire peur au FCC, et donc au gouvernement, qui a préféré couvrir d’« obscurité » la situation.

En Afrique c’est connu que c’est durant la nuit que les sorciers tiennent leurs officines, on espère seulement que de cette obscurité ils ne nous sortiront pas des résultats travaillés dans des laboratoires favorables au FCC.

Pas de messages de vœux depuis deux ans

« Une autre année que l’on me prive de dire mes vœux à ma famille » s’est plaint sur Facebook Janvier Kamundala, étudiant Congolais vivant en Algérie. Abbé Nshole, secrétaire de la Conférence épiscopale nationale du Congo s’est même plaint sur Radio France Internationale (dont le signal est coupé dans Kinshasa) que des familles congolaises ne puissent pas échanger leurs vœux via les messages et les réseaux sociaux.

Gouvernement congolais ou FCC, si vous ne vous reprochez rien, ramenez-nous internet.

 

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Les commentaires récents (3)

  1. En tout cas, ramenez-nous internet. Peur? Souci de faciliter la frauder? Plaisir de nous piétiner? Quelle est votre motivation?

  2. Décision tristement prise et j’espère que ça développera le sens d’innovation chez les Jeunes pour moins dépendre des autorités de télécommunication…