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Kabila ne facilite pas la tâche à Tshisekedi

L’ancien président de la RDC, Joseph Kabila, apparaît un peu trop alors qu’on le croyait parti. Cela fait de l’ombre à son successeur que certains considèrent encore comme mal élu ou pas du tout élu. Récemment Kabila a rendu visite à Tshisekedi, mais une visite qui a surpris tout le monde. En réalité, les relations entre les deux hommes peuvent se résumer en cette phrase : « je t’aime, moi non plus. »

Dans ce contexte, certains faits méritent d’être rappelés. Ce jour-là, devant le corps diplomatique à Kinshasa, le nouveau président Félix Tshisekedi, qui multiplie des messages de rupture avec le passé, a sauté un paragraphe de son discours, s’attirant ainsi les critiques de ceux qui souhaitent la continuité de l’ancien régime.

D’après le récit de plusieurs médias qui ont reçu une copie de son discours, Tshisekedi n’a pas lu un passage demandant la levée des sanctions de l’Union européenne ciblant des proches de son prédécesseur Kabila accusés d’être impliqués dans des répressions violentes des manifestations de l’opposition en RDC. Ce manquement ne passera pas inaperçu du côté de Kabila qui s’affiche alors aux couleurs des Forces armées dont pourtant il a démissionné depuis 2006. Aussi, d’après le récit des médias qui en parlaient, le président et son prédécesseur se seraient retrouvés pour la nomination d’un Premier ministre.

Kabila est toujours le chef de la l’ancienne majorité présidentielle, qui a également remporté les législatives du 30 décembre. N’ayant pas obtenu de majorité pour former seul un gouvernement, Tshisekedi est donc obligé de composer avec le FCC. Ce qui n’est pas sans susciter une certaine méfiance. Surtout que l’arrivée de Tshisekedi, dont la victoire est contestée par Martin Fayulu, est soupçonnée d’avoir été le résultat d’un arrangement. Même point de vue à l’Union africaine et à l’Union européenne. Mais ça, c’était avant que ces organisations, comme l’ONU d’ailleurs, ne se ravisent…

Apparition publique trois semaines après l’alternance

C’est donc dans ce contexte que Kabila fait des apparitions publiques alors qu’il aurait dû s’effacer encore un bon bout de temps pour laisser son successeur s’installer dans tous les compartiments comme le nouveau chef de l’État. Ç’aurait vraiment été une manière d’aider son successeur à asseoir son autorité. Or, en apparaissant si tôt, Kabila donne libre cours à des spéculations qui vont jusqu’à le présenter comme le superviseur de son successeur. Puisqu’au final, si le besoin était de discuter sur la nomination d’un Premier ministre dont le choix revient théoriquement à la coalition dont il est le chef, Kabila qui a toujours mis au devant de la scène ses lieutenants, surprend une fois encore, à l’idée de le voir se déplacer lui-même pour donner un nom. Version toute fois démentie par son ancien directeur de cabinet adjoint, Jean-Pierre Kambila. « Deux grandes personnalités se rencontrent dans le cadre normal de la culture de la paix qu’ils veulent instaurer dans ce pays », rapporte le site Cas-Info citant Kambila.

Or, même si les deux personnalités avaient urgemment besoin de se parler de vive voix, le président sortant aurait rendu un grand service à son successeur en évitant de parader publiquement moins d’un mois après la passation de pouvoir.

 

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