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Le Kyungu wa Kumwanza que j’ai vu à Lubumbashi

Gabriel Kyungu wa Kumwanza, même mort, reste un personnage complexe. En témoigne, le report de son inhumation le jeudi 26 août 2021 à Lubumbashi. Ses militants ont demandé un mausolée dans sa propriété près du lac Kipopo.

Ancien gouverneur du Shaba, redevenu Katanga après la chute de Mobutu qui en l’appelant Shaba espérait effacer de la mémoire collective la « katanganité », wa Kumwanza est sans doute une figure remarquable de l’identité katangaise.

Le fédéraliste Kyungu

Toute sa vie, il l’a passée dans une lutte, en tant que fédéraliste, où des sonorités katangaises ont parfois dérangé certains. Des sonorités parfois exclusives. C’est le cas des conflits de 1992-1993 à Kolwezi, Likasi et, dans une moindre mesure, à Lubumbashi.

Ces années-là, des Congolais originaires du Kasaï avaient été chassés (refoulés) du Shaba. Cette région riche en cuivre et cobalt, est proche des Kasaï, plus au centre du pays. Dans ce conflit politique, des gens avaient perdu la vie. Pourtant, ni une commission parlementaire, ni un tribunal n’a jamais osé aborder courageusement ce dossier dans le but de rétablir durablement la paix entre les peuples impliqués.

C’est vraiment triste que les choses en soient restées là. Puisque, pour l’histoire et pour la vérité, une réconciliation s’impose, même si la paix semble revenue depuis. Cependant, depuis 2006, à la suite d’un grand boom minier, le Katanga a enregistré, et continue d’enregistrer encore aujourd’hui, d’importantes vagues d’exode ou de migration venues du Kasaï.

Refoulements des Kasaïens du Shaba

Le cas ici évoqué, celui des refoulements des Kasaiens, est le plus évoqué sur les réseaux sociaux par les critiques de Gabriel Kyungu wa Kumwanza. L’annonce de sa mort a constitué une sorte de levée de boucliers auprès de ceux qui gardent encore une dent contre lui.

Ils le tiennent, en effet, pour responsable des violences survenues au Katanga à la suite de la démocratisation du Zaïre (RDC), par l’ancien président Mobutu. Les protagonistes de ce conflit, pour rappel, furent Jean Nguz a Karl Ibond, Gabriel Kyungu wa Kumwanza alors gouverneur du Shaba et Étienne Tshisekedi wa Mulumba. Un autre protagoniste, plus important encore et souvent oublié dans cette histoire, c’est Mobutu Sese Seko, président du Zaïre à l’époque.

Sans nul doute, le maréchal fut le maître du jeu où deux Shabiens (Katangais) Kyungu et Nguz, s’étaient dressés contre Tshisekedi wa Mulumba. Pour cause, les trois venaient de sceller une Union sacrée radicale de l’opposition. Avec elle, Mobutu était quasiment mis en déroute, au plus fort d’une dictature qui essayait de s’offrir un visage plus humain.

Mobutu va donc les opposer, en les faisant se succéder, Nguz et Tshisekedi. Le résultat ne s’est pas fait attendre : au Shaba, la lutte entre les politiques a eu des effets entre Katangais et Kasaïens.

L’autre Kyungu wa Kumwanza

Allez, quittons cette triste et confuse histoire. Passons à celle qui m’intéresse dans ce blog, celle de Kyungu wa Kumwanza. L’autre Kyungu, que j’ai vu c’est un Kyungu qui embrassait Félix Tshisekedi.

Un Kuyngu devenu un allié, un défenseur de l’unité entre Congolais, et appelé « Baba » (père) par le président de la RDC, le fils d’Étienne Tshisekedi. Oui, le même Étienne dont il était à la fois si proche et si éloigné. Et ça, je le raconterai dans mon prochain blog.

 

 

 

 

« Cet article est écrit avec l’appui technique d’Internews, grâce au financement de la coopération suédoise, l’USAID et la coopération suisse.  Les opinions partagées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI), de l’USAID, la coopération suisse, ainsi que des gouvernements suédois, des États-Unis et suisse. »

 

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