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A Lubumbashi, une église adore la polygamie

C’est pour moi un scandale. A Lubumbashi, une église dite « primitive » soutient une application très originale de la Bible, notamment en ce qui concerne le mariage. J’ai assisté dimanche dernier à ce que je qualifie d’apologie de la polygamie dans cette église. Je n’en reviens pas ! Suis-je simplement trop conservateur ou incrédule ?

Dimanche dernier, à l’Eglise « primitive » un homme épousait sa troisième femme « devant Dieu et devant le peuple » ! C’était un véritable culte de la polygamie proclamée comme « haute valeur divine » par le prédicateur du jour. Curieusement, plusieurs femmes adhéraient joyeusement à ce sermon, alors que d’ordinaire elles sont hostiles à cette pratique.

Jean Tshilay est le pasteur de cette église qui s’est fait une réputation bouleversante à Lubumbashi. Chez lui, chaque dimanche est une fête, ses fidèles buvant de la bière à leur goût. Et on paye cash ! Mais face à ces choses qu’il enseigne et qui peuvent être traitées d’antivaleurs, le mariage moderne, et même traditionnel, y perd tout son sens. Je me demande si Lubumbashi n’a pas accueilli là ce qui pourrait être la fin de la traditionnelle monogamie ?

L’homme et la guitare

Ce jour-là, il y avait deux mariages dans cette église. Celui d’un couple monogamique n’attirait presque pas l’attention. Mais le deuxième mariage, un homme avec trois femmes, faisait du bruit ! Et dans cette église, on parle même de « notre polygamie chérie » ! Pasteur Tshilay affirme que c’est « le seul mariage dans la vérité ».

Il ne tarissait pas d’éloges pour les polygames et allait jusqu’à maudire toutes les églises anti-polygamie. J’avoue que c’était la première fois que j’entendais un tel évangile ! Et sans vergogne, le pasteur déclare : « Un homme qui n’a qu’une seule épouse, est comme un célibataire, une guitare à un fil qu’on ne sait jouer. Quand il en a entre deux et huit, précise-t-il, c’est encore un petit nombre. L’interdire [la polygamie] aux hommes serait faire mentir Dieu. »

Un mariage dégradant pour la femme

De telles églises me poussent à les appeler sectes. Cet après-midi-là, j’ai été surpris de voir un polygame venir « actualiser » son état civil. La trentaine révolue, l’heureux époux arrive accueilli par ses deux femmes et va être marié sur place à une troisième, toute jeune. En plus du spectacle, le pasteur retient mon attention. « Tu ne crois pas à la polygamie, dit-il, ne crois pas non plus à la Bible, car la polygamie est biblique. » Et d’ajouter : « La Bible a été écrite par des polygames, pourtant c’était des saints. David, l’homme selon le cœur de Dieu, avait 500 femmes et chacune était soumise. Notre frère Branham n’était pas polygame sur terre, mais il est entré [comme polygame] au paradis, selon la volonté de Dieu. »

« La polygamie n’est ni haine ni jalousie entre femmes. Car les femmes deviennent membres d’un seul corps. C’est le principe de « un » pour plusieurs » », enseigne le pasteur Tshilay. Quel lavage de cerveau que cela ! Je crois fermement en l’égalité en droits et en dignité entre les êtres humains. Une polygamie, qui tourne à la « multigamie » dans le contexte où je l’ai vécue dans cette église de Lubumbashi, me semble bien plus dégradante pour la femme. Celle-ci y apparaît sommée à se soumettre plutôt que d’être capable de réfléchir et d’agir en toute intelligence. Certes dans l’ancien Testament, la polygamie était tolérée, mais dans le nouveau, l’apôtre Paul recommande « que chaque homme ait sa femme, et chaque femme son mari », en clair : la monogamie. Et la Bible ajoute : « Unebonne femme est un don de Dieu. »

 


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